www.bastison.net 

En rouge mon analyse critique et mes commentaires 

Par manque de temps, j'ai viré toutes les photos et ai du aussi 

sacrifier la structure du site : tout est sur cette unique page.

Se reporter donc au site pour les illustrations imagées et video.  

F Henry-Couannier

Des termites dans l'analyse

L'idée...

Suite à la découverte de métal fondu le long de la façade, les conspirationnistes ont émis l'hypothèse que c'était dû à l'utilisation de thermite, un mélange incendiaire à la réaction très violente et qui peut fondre de grandes épaisseurs d'acier. Il a même été avancé que cela avait pu sectionner les colonnes observées sur les ruines du WTC.

Nous allons voir quels sont les indices avancés pour l'utilisation de cette technique, notamment dans l'article paru en avril 2009 : Active Thermitic Material Discovered in Dust from the 9/11 World Trade Center Catastrophe, Niels H. Harrit, Jeffrey Farrer, Steven E. Jones, Kevin R. Ryan, Frank M. Legge, Daniel Farnsworth, Gregg Roberts, James R. Gourley, Bradley R. Larsen, The Open Chemical Physics Journal, pp.7-31 (25), Vol 2. PDF

Ces indices ont été examinés à la loupe sur différents forums par des scientifiques ou ingénieurs spécialisés en chimie (Greening), métallurgie (Sunstealer) ou recherche spatiale (Mackey).

Des fils de discussion ou sites à lire : forum d'un ancien truther (Urich), forum jref, blog des debunkers italiens.

Les indices à la loupe...

OBSERVATION GROSSIERE

 

Pour justifier son hypothèse de thermite, Jones a analysé la poussière recueillie en différents endroits près des effondrements. De ces échantillons, il a extrait au moyen d'un aimant des 'chips' : des écailles d'origine inconnue et bicouches, une de couleur grise, une de couleur rouge.

Il est vrai que ces 'chips' peuvent faire penser à de la thermite (Cf. photo plus haut) mais vu que ces éléments ont été trouvés en quantité relativement importante et assez systématiquement dans les échantillons de poussière, Jones aurait aussi dû lire de manière un peu plus attentive les rapports du Nist pour voir d'où elles pouvaient provenir. Il aurait alors trouvé cette photo...
 

... qui est tout simplement de la peinture appliquée sur les poutres du WTC qui s'est écaillée sous l'effet de la chaleur ! La ressemblance n'est-elle pas étonnante ?

C'est vrai qu'une simple photo n'est pas une preuve et que dans la nature, les sosies sont monnaie courante... Nous allons donc aller un peu plus loin dans l'étude des 'preuves' proposés par Jones.

Effectivement, cette comparaison est nulle et non avenue car selon également le rapport du NIST, cette peinture doit contenir du Zinc: Zn! Or les chips analysés n'en contiennent en général  pas donc exit cette peinture rouge anti-corrosion des poutres du WTC!

Un seul chips, celui qui fut analysé aux solvants pouvait présenter des contaminations superficielles dans son spectre qui n'a pas été enregistré dans une région fraichement fracturée comme pour les autres. Effectivement un pourcentage très faible de Zinc et de Chrome détectés dans ce chips uniquement ne peut être attribué à autre chose qu'une légère contamination. En effet, la composition de la peinture rouge anticorrosive est partiellement décrite dans le rapport du NIST NCSTAR 1-3C, appendice D, consistant en 36% Fer, 20% chromate de zinc, 34% pigment Tnemec (secret) 10% Silice (quartz ) et des solvants (huile, resine) comme liant. Mais le pigment Tnemec est décrit dans une feuille de données de sécurité concernant les matériaux et devant être publique. D'après http://www.tnemec.com/resources/product/msds/m10v.pdf  le "pigment Tnemec" contient: 3% composés de Zinc, 10 - 15% oxydes de fer 4% quartz, 30% graisses (avec silicates de magnesium (!) ), 6-10% de silicates de calcium et aluminate, 5% silice (de type quartz), 23% Solvant, alcools. 

Ce qui importe est ce qui reste après évaporation du solvant (23% à 34%) . Donc en plus des oxydes de Fer, ce reste de  peinture anti-corrosive doit représenter approximativement 25% de chromate de Zinc et 20% de silicates de magnesium (suif). Or, on voit très peu de Chrome et Zinc dans les spectres XEDS et dans aucun des spectres enregistrés on ne voit de magnesium, qui devrait être abondant, s'il s'agissait de cette peinture.  On observe par contre de très forts signaux de présence d'Aluminium ( aluminium essentiellement non oxydé comme cela a été montré suite au traitement aux solvants (MEK) ). Le seul constituant de la peinture anti-corrosive qui pourrait produire un signal d' Al est décrit comme un aluminate qui représente un modeste constituant de la peinture, rien à voir avec les forts signaux d'aluminium dans les chips rouges. Finallement, les chips réagissent violemment quand on les chauffe contrairement à de la peinture.

Je précise au passage que mes propres analyses d'un chips n'ont pas non plus mis en évidence de Zinc, Chrome ou Magnesium dans la couche rouge. Ce chips est autant qu'il m'a été possible de le tester, semblable aux autres. Mais seuls les tests complets (que je n'ai pu effectuer) incluant analyses aux solvants, ignition des chips et calorimétrie et dont les résultats ont été publiés par N Harrit et S Jones permettent d'apporter la preuve qu'il s'agit de nanothermite. 

OBSERVATION AU MEB (Microscope Electronique à Balayage - SEM en anglais)

Après cette première observation macroscopique, les auteurs de l'article sont bien sûr passés à une observation plus précise. Un microscope électronique a été utilisé.

Les deux couches ont été scrutées, mais c'est surtout la couche rouge qui a donné lieu aux plus forts grossissements car c'est celle qui était sensée contenir le matériau thermitique devant réagir.

Ces photos font clairement apparaître deux types de cristaux, ceux sombres, sous forme de plaquettes souvent amoncelées, et d'autres bien plus clairs et plus petits, sous forme de grains.

En plus de ces images, Jones et ses coauteurs ont proposé des spectres EDS qui permettent de déterminer le type d'éléments chimiques présents. Ils sont parvenus à cibler les deux types de cristaux ce qui a donné les spectres suivants :

Chaque pic représenté correspond à un élément et plus le pic est important, plus l'élément est en quantité abondante.

(a) concerne les plaquettes et montre surtout la présence de carbone (C), oxygène (O), aluminium (Al), silicium (Si).

(b) représente les grains et signale la présence prépondérante de carbone, d'oxygène et de fer (Fe).

La réaction chimique de la thermite étant la suivante : Fe2O3+2Al --> Al2O3 + 2Fe    Bingo!!

Jones avait effectivement dans ces spectres tous les ingrédients pour réaliser sa petite cuisine, sauf que...

Sauf que si on y regarde de plus près, et Sunstealer l'a fait de manière assez précise dans ce post, on s'aperçoit que les images prises au MEB montrent des cristaux ressemblant de manière tout à fait spectaculaire à deux composés parfaitement connus.

Pour les plaquettes, le produit correspondant est la kaolinite, un minéral composé de silicate d'aluminium hydraté, de formule Al2Si2O5(OH)4. La ressemblance est étonnante : forme des plaquettes, superposition... De nombreuses autres photos sont disponibles sur le net et à rapprocher des précédentes. La formule moléculaire est en parfaite adéquation avec le spectre fourni plus haut (a) puisque les auteurs justifient pour partie la présence de carbone par le processus opératoire.

Pour les grains brillants, compte tenu du spectre obtenu, il apparaissait logique de chercher dans les oxydes de fer. Il peut être trouvé différentes formes de cristaux pour Fe2O3, mais les formes rhomboïdales sont particulièrement adaptées pour notre cas. En comparant avec le plus fort grossissement fourni par les auteurs (photo située à droite du zoom sur les couches grises et rouges) la ressemblance est évidente.

Or, ces deux produits, qui correspondent remarquablement avec les observations des deux cristaux présents dans la couche rouge, sont abondamment utilisés pour la composition des peintures que ce soit le kaolin (kaolinite) ou l'oxyde ferrique (Fe2O3).

Pourquoi Jones et ses coauteurs ont-ils évacué cette possibilité ?

Jones Harrit et coauteurs n'ont évidemment pas évacué cette possibilité puisqu'ils ont travaillé pendant plus d'un an justement afin de mettre à l'épreuve cette idée qu'il puisse s'agir de peinture. En particulier

1) les échantillons de peinture testés aux solvants ne se sont pas comportés comme les chips rouges  

2) la conductivité électrique de la partie rouge des chips s'est révellée des ordres de grandeur inférieure à celle de peintures dont les conductivités bien connues sont répertoriées dans des tableaux.

3) Chauffés , les échantillons de peinture se sont consumés en cendre , alors que les chips rouges ont réagi de façon très violente en produisant des sphérules de Fer fondu!

les debunkers opposent en général à 1) et 2) qu'il pouvait s'agir d'un autre type de peinture que ceux testés... Mais 3) toute seule constitue déjà une preuve définitive et irréfutable que les chips rouges sont un matériau thermitique actif : une réduction extremement exothermique du Fe s'est produite amenant le Fer à température de fusion, il est inconcevable que de la peinture reagisse ainsi!

ANALYSE DES SPECTRES

Comme nous l'avons vu précédemment, les spectres EDS permettent d'obtenir les éléments présents sur une zone très ciblée d'un matériau.

Jones et ses coauteurs ont donc réalisé plusieurs sondages sur les couches rouges des 'chips'. Sur quatre échantillons pris dans des prélèvements différents, les résultats ont été très semblables (figure 7 de l'article). Même ceux de F. Henry-Couannier donnent des résultats très voisins. Il aurait donc été intéressant et logique de comparer ces spectres avec ceux obtenus avec de la thermite du commerce qui a notamment été utilisée pour l'article. Pourquoi cela n'a pas été fait ?

Parceque la thèse soutenue est qu'il s'agit d'un type de thermite de très haute technologie non disponible à Carrefour: de la nanothermite! il fallait donc faire beaucoup plus pour éliminer la possibilité d'un sosie: isoler par des solvants les différentes particules et en particulier mettre en évidence que l'Aluminium se trouvait essentiellement sous forme élémentaire non oxydée dans les chips et le Fer sous forme de Fe2O3 (dans les sosies l'Aluminium est sous forme oxydée ou lié à d'autres éléments!) mais aussi mettre en évidence l'échelle nanométrique (on parle de nanotechnologie jusqu'à 100nm) d'au moins une cartégorie de ces particules ce qui a été fait de façon suffisamment convaincante pour celles de Fe2O3..
L'épaisseur des particules plates riches en Auminium essentiellement élémentaire est aussi nanométrique!

Par contre, lorsque Sunstealer, lui, a comparé ces spectres avec ceux de la kaolinite combinée avec du gypse, la ressemblance était frappante. La superposition des pics, des proportions, est d'une concordance incroyable !! Et comme les auteurs reconnaissent eux-mêmes que les échantillons ont pu être contaminés par le plâtre présent en quantité dans les tours la comparaison apparaît d'autant plus pertinente...

 

En haut, le spectre issu d'une étude sur la kaolinite, puis celui de Jones, puis celui de FHC.

Pour, moi même, complètement exclure la kaolinite il aurait fallu que je pratique des tests d'ignition et de la calorimétrie comme S Jones et N Harrit. Ceci dit je ne trouve nulle part le Zn sensé se trouver dans le peinture rouge des colonnes du WTC. En tout cas ces tests ONT ETE PRATIQUES PAR CES AUTEURS AVEC DES RESULTATS TELS QUE CES COMPARAISONS AVEC DE LA KAOLINITE SONT ABSURDES...

Compte tenu de ce qui précède, ayant à disposition le portrait, les empreintes digitales et l'adn des deux produits, le lecteur conclura de lui-même quelle est la nature la plus probable du produit rouge analysé.
Ainsi, à l'heure actuelle et sans autre investigation, les quatre échantillons analysés dans l'article et dénommés a, b, c, et d, présentent 99 % de chance d'être de la simple peinture et non de la thermite.

...Ridicule puisque la probabilité pour que de la simple peinture produise du fer fondu ne peut même pas être quantifiée puisqu'elle est infinitésimale!!

Le seul moyen pour Jones de prouver qu'il ne s'est pas lourdement trompé dans ses conclusions est de proposer une étude qui montrera si l'aluminium est bien sous forme élémentaire (Al - pour la thermite) ou combinée (Al2Si2O5(OH)4 pour la kaolinite).

La procédure est très simple et rapide : il suffit de réaliser une étude par diffractométrie de rayons-X (DRX ou XRD en anglais). Si l'aluminium est bien sous forme élémentaire (mais alors on peut se demander où il se cache sur les images au MEB !), l'hypothèse kaolinite tombera d'elle même, sinon, il se dit que le ridicule ne tue pas...

Le fera-t-il ? That is the question !

 Comme je l'ai dit plus haut, les auteurs ont réussi à isoler les particules riches en Aluminium qui s'est révélé sous forme élémentaire (non oxydé en particulier!). Comme déjà dit également , il ne s'agit absolument pas "du seul moyen pour prouver..." mais d'un parmis plusieurs d'autres (notamment l'ignition des chips) qui ont tous conduit à  la même et très ferme conclusion !

LE PASSAGE D'UN ECHANTILLON AU MEK

 

Pour prouver leurs allégations, les auteurs ont aussi passé un échantillon au MEK, un dissolvant. Ils l'ont trempé pendant 55 heures avec des agitations fréquentes et disent avoir obtenu ainsi une ségrégation de l'aluminium. Bizarrement, ils ne nous la montrent pas.

En outre, l'échantillon qui a été testé était TRES DIFFERENT des quatre autres. Le spectre obtenu comportait en effet des éléments qui n'étaient présents dans aucun des quatre autres proposés.

Zinc (Zn - très utilisé lui aussi dans les peintures), soufre (S), chrome (Cr)... Cela montre que la comparaison avec les autres 'chips' n'est pas très pertinente.

De plus, la très faible proportion d'aluminium par rapport aux autres composants est suspecte pour un matériau (la thermite) sensé être a priori constitué d'un mélange d'aluminium et d'oxyde ferrique !

Aucune image précise n'est fournie des cristaux composant cet échantillon, impossible donc de conclure.

Les spectres peuvent varier d'un chips à l'autre et d'une zone à l'autre d'un même chips, les taux de Cr Zn et S sont très faibles et enfin ce chip avait exactement la même apparance que les autres! un nouvel et extraordinaire sosie ?  même si l'on rejette certainement par excès de prudence les conclusions de cette partie de l'analyse, d'autres résultats comme l'ignition et l'analyse des résidus comme nous allons le voir sont définitifs!


QUELQUES CONSIDERATIONS THERMIQUES

Enfin, le dernier indice avancé par les auteurs de l'article est la découverte de microsphères métalliques dans les échantillons de poussière. Pour eux, c'est la 'preuve' que la thermite a justement fait fondre l'acier...

Les microsphères de fer précedemment fondu sont présentes en quantités  énormes dans la poussière et une fraction significative d'entre elles manifeste la signature Fer-Alu  de réaction de thermite. Cette signature n'est pas différente de celle des microsphères qui ont été produites à l'ignition des chips rouges: il s'agit là pour moi d'une preuve définitive et irréfutable!

Tout d'abord, notons que le test calorimétrique (DSC) sensé évaluer le pouvoir calorifique des 'chips' a été effectué à l'air libre. C'est totalement incompréhensible sur le plan scientifique puisque les auteurs souhaitaient mettre en évidence une réaction thermitique qui ne nécessite pas d'oxygène. Les échantillons contenant du carbone, l'erreur devient carrément une faute professionnelle et rend caduque toute interprétation de l'énergie dégagée lors des essais. 

La combustion du carbone à l'oxygène de l'air peut effectivement fausser l'estimation de l'énergie totale dégagée (la surface totale sous la courbe obtenue en DSC) et de la puissance.

Des tests en atmosphère inerte (gaz argon ou autre) étaient indispensables ! La méthode utilisée est d'un non-sens incroyable : même un débutant n'aurait pas commis une telle bévue... Source 1, Source 2.

En effet, comment différencier dans les courbes obtenues l'énergie qui provient du matériau thermitique supposé et celle issue du carbone 7 à 8 fois plus énergétique que la thermite à l'air libre ?

Les auteurs ont apparemment fait l'hypothèse (compte tenu de toutes les autres observations c'est parfaitement justifié et les auteurs mentionnent eux mêmes la source d'erreur que constituerait la combustion d'une partie organique) que l'on avait affaire à une réaction en partie thermitique afin de démontrer qu'il s'agissait de nanothermite.
D'autre part, la kaolinite dont bastison a beaucoup parlé ici , ne manifeste pas du tout la même courbe DSC que la nanothermite: notamment , si j'ai bien compris, un pic endothermique vers 500°C (elle ne libère pas de l'énergie mais en absorbe!)

Le pouvoir calorifique ainsi obtenu est donc totalement inexploitable. 

Il peut juste être avancé qu'il est 3 fois moindre que celui du... papier (!),

Et oui! les explosifs les plus puissant conçus par l'homme y compris le TNT et le HMX ne libèrent pas forcément plus d'énergie par unité de masse que du papier! Ce qui les distingue c'est leur capacité à libérer cette énergie concentrée dans un volume très petit: on parle de très haute densité d'énergie.
Même dans le cas d'une masse consequente de ces explosifs, l'énergie  peut être libérée d'un seul coup (en un temps très court): donc grande densité de  puissance! En effet, ils n'ont pas besoin de l'oxygène de l'air pour réagir et la réaction se produit donc dans tout le volume simultanément contrairement à une combustion qui s'effectue en surface avec l'oxygène de l'air donc beaucoup plus lentement : beaucoup plus faible puissance! Dans le cas d'une microparticule organique une réaction de combustion en surface peut être très rapide mais la densité d'énergie demeure incomparablement plus faible que pour une particule de masse semblable d'explosif, complètement insuffisante pour faire fondre du Fer. Detaillons cet argument.
Le fer fondu (de nombreuses microspheres sont constituées de fer pur ou oxyde de fer) est une preuve de températures extrêmes: 1400°C. Pour atteindre ces températures il faut concentrer la chaleur délivrée par une réaction chimique dans un volume suffisamment petit.

- La reaction d'un volume V donné de Thermite produit assez d'énergie pour idéalement fondre ~ 2V de fer
(16kJ/cc pour de la thermite; 7.8kJ/cc pour faire fondre du fer: (470 J/(°C.kg) x 1500°C + 270000J/kg) x 8000/1O6 kg/cc)

- La reaction d'un volume V de Charbon (carbone) produit assez d'energie pour idealement fondre ~ 10V de fer
(79kJ/cc i.e ~ 5x plus que la thermite)

Mais chaque atome de C requiert une molécule d' oxygene de l'air donc un volume V de Carbone necessite 32/12 (rapport des masses molaires ) fois 2267/1.43 (rapport des densités) fois 5 (20% d'oxygen dans l' air) = ~ 20000 V d'air. Donc quand une très petite particule de carbone ou de matière organique brûle à l'air libre, elle libère son énergie très rapidement (étant très petite son rapport S/V est très favorable à la réaction avec l'oxygène de l'air) mais cette énergie est libérée dans un volume énorme ~ 20000 V donc une petite particle de fer  (volume V aussi) au voisinage ne peut recevoir que de l'ordre d'~1/20000 de cette energie totale. C'est pourquoi il est exclu qu'elle puisse atteindre les températures capables de la fondre (voir plus haut les énergies nécessaires pour cela) . Donc pour d'assez évidentes raisons le charbon ou n'importe quel combustible de matière organique nécessitant l'oxygène de l'air ne peut faire fondre du fer que quand la chaleur libérée peut être accumulée dans le temps et concentrée dans l'espace comme dans un haut fourneau.

Envisageons le cas extreme de microparticles de matière organique et de fer confinées ensemble dans une très petite chambre (comparable à leurs dimensions) et soumises à un courant de ~  milliers de V sur une très courte durée (car il faut être plus rapide que les effets dissipatifs qui sont aussi très efficaces pour de telles microparticles et leur font perdre leur chaleur  très rapidement dans l'espace environnant). Mais alors ces particles doivent aussi retenir l'essentiel de la chaleur ce qui est difficile à croire ( car le flux d'air doit en même temps entrainer une rapide perte d'énergie). Donc même ce scenario extrême est intenable. Bien sûr, la physique mise en jeu est très complexe et nécessite des outils sophistiqués pour parvenir à une description quantitative juste cependant puisque nous sommes à des ordre de grandeur des échelles de densité d'énergie nécessaires, ces arguments sont parfaitement conclusifs.

Donc il n'y a aucune possibilité pour que les températures du fer fondu puissent avoir été atteintes pour une réaction de combustion à l'oxygène de l'air de particules d'échelles micrométriques dans un DSC. L'oxydant et le reducteur doivent se trouver ensemble dans les chips afin que la chaleur libérée le soit concentrée dans un très petit volume, celui occupé par ces réactifs, comme dans une reaction thermitique : haute densité d'énergie  indispensable! matière organique +oxygène = très faible densité d'énergie à cause de sa dilution dans un volume énorme!

La présence de microsphères de fer fondu produit par la réaction : on n'a réellement besoin de rien de plus pour se convaincre que les chips sont hautement énergétiques par eux mêmes (haute densité d'énergie) et connaissant leur composition et celle des residus les preuves sont clairement en faveur d'une reaction thermitique de type Fe2O3 + Al  donne Al2O3 + Fe.

Les moyens nécessaires à tout un chacun disposant d'un échantillon de poussières du WTC pour vérifier cela sont modestes: un four à céramique pouvant dépasser largement les 500°C qui permettent la réaction des chips rouges/gris métalliques et un petit microscope optique (à 50 euros ) pour sélectionner les meilleurs candidats chips rouges dans la poussière et identifier après réaction des microsphères métalliques brillantes et riches en fer.

c'est à dire une valeur ridicule pour qui veut faire fondre des poutres en acier avec une simple couche sur les poutres. L'élévation de température à attendre d'un tel produit a été évaluée à quelques degrés seulement (Source 1, Source 2, Source 3).

E_1kg = 470 J/C x 500°C est l'énergie nécessaire pour élever de 500°C 1 kilo d'Acier, donc pour 1 cm^3 d'acier il faut:
E_1cc = (8000/1O^6) x E_1kg =1880 Joules
A comparer à l'énergie libérée par 1 cm^3 de thermite :
16000 Joules/cc (figure 30 de l'article de Harrit and co)

Donc, dans des conditions ideales, un volume de thermite pourrait elever de 500°C 8 fois son volume d'acier. Donc grosso modo avec un revêtement de nanothermite sur n'importe quelle surface d'acier, il suffit que l'épaisseur de ce revêtement soit 1/8 de l'épaisseur d'acier pour le chauffer de plusieurs centaines de degrés. Or sous le lien ci dessous je trouve:

http://911research.wtc7.net/mirrors/guardian2/wtc/WTC_apndxB.htm#B.2

Column plate thickness varied from 1/4 inch to 5/8 inch in the impact zone of WTC 1 for floors 89-101, and from 1/4 inch to 13/16 inch in the impact zone of WTC 2 for floors 77-87.

Epaisseur entre 0.6cm et 2cm des plats d'acier aux étages des impacts donc d'après mon calcul précédent une couche de 2.5 mm aurait suffit à chauffer de 500° les plus epaisses de ces colonnes ( le but n'aurait pas été de faire fondre l'acier sur l'essentiel de son epaisseur mais de le chauffer de qq centaines de degrés s'ajoutant à ceux des incendies d'hydrocarbures et faisant perdre toute leur résistance aux colonnes!) On est loin du cm mais au fond pourquoi pas 1cm pour garantir les effets et assurer le coup ! En effet certain chips (photo à l'appui dans la publi de Jones et Harrit) manifestent une succession alternée de couches grises et rouges. Un tel mille feuille pouvait donc à priori avoir une épaisseur quelconque! Comme l'acier est extremement plus conducteur que l'air ambiant le gradient de température a produit le flux de chaleur essentiellement vers l'acier. De +, on n'a pas affaire a de la thermite mais sans doute à de la nanothermite beaucoup plus puissante (nanoparticules d' Aluminium élémentaire et Fe2O3) ce qui permet à la température de s'élever trés rapidement, les processus de dissipation de la chaleur étant relativement beaucoup trop lents.

Des dizaines d'ouvriers ont en toute innocence appliqué ce mélange incendiaire sur les poutres (en 2001 et justement aux étages correspondant à la zone des impacts!) en croyant appliquer un revêtement ignifuge. 

La réaction de nanothermite est très puissante mais son taux peut être contrôlé pour que le fer à haute température généré ne soit pas expulsé mais demeure au contact des poutres, les couches gris sombre ont probablement servi ainsi de modérateur: elles sont inertes, essentiellement du Fer peu oxydé (elles sont probablement responsables au moins en partie du magnétisme des chips: le fait qu'on ait pu les collecter avec un aimant!). On sait par ailleurs que la nanothermite sans détonateur est peu explosive à basse température.

J'ajoute que cette découverte de nanothermite n'efface pas les découvertes antérieures de thermite à base de soufre (thermate) qui aurait été utilisée plutôt pour trancher les colonnes (le soufre abaisse le point de fusion) alors que le revêtement de nanothermite n'avait pas pour objectif de faire fondre les colonnes mais de les chauffer efficacement dans tout leur volume.  

Enfin, je voudrais signaler que je demeure très sceptique (c'est là une conviction nullement partagée par les auteurs de l'article) quant à l'utilisation de cette nanothermite en tant qu'explosif  au WTC car sa puissance demeure à peine quelques fois supérieure à celle des explosifs conventionnels et par conséquent elle est loin de pouvoir rendre compte du degré de destruction constaté au WTC, en particulier la pulvérisation d'un tel volume de béton, ces effets étant par nature concentrés au point où elle est mise à feu et décroissant très rapidement avec la distance. Les thermobariques demeurent la seule solution d'explosif non nucléaire à ma connaissance susceptible de pulvériser des étages entiers y compris les facades extérieures à distance à partir de charge positionnées au coeur et libérant de l'hydrogène dans un vaste volume.

En outre, il faut savoir que le genre de sphères extraites est régulièrement trouvé dans les poussières et n'a rien d'exceptionnel. Les debunkers italiens en avaient même trouvé dans un parc à Milan.

Les sphérules sont partout en raison du bombardement constant de la terre par des micrométéorites mais pas à de tels taux et pas avec la signature Fer-Alu mise en évidence au WTC. N'oublions surtout pas que les chips rouges allumés ont produit ces sphérules de fer fondu!

Sunstealer, qui jusqu'à présent a fourni des informations remarquables sur l'ensemble du sujet, a émis l'hypothèse que l'oxyde ferrique présent dans la couche rouge a pu s'agglomérer sous l'effet de la chaleur : incendies, frottements, chocs... à confirmer.

Au final, il semble se confirmer le complet fourvoiement de Jones et ses co-auteurs.

Ces nombreuses lacunes et erreurs de méthodologie montrent que Jones et ses coauteurs, loin d'avoir une quelconque démarche scientifique, ont tout simplement écarté toutes les autres hypothèses sur la provenance des 'chips' pour aller vers la seule et unique conclusion qui les intéressait. Nous connaissions leur grave incompétence suite aux articles publiés sur le site "journalof911studies", nous pouvons maintenant clairement douter de leur honnêteté intellectuelle.

Pitoyable conclusion de bastison.net qui une fois de plus a complètement occulté les preuves extrêmement solides fournies par l'article publié

Très nombreuses références sur la nanothermite et ses usages (y compris appliquée sous forme de couches) dans les articles publiés par Harrit , Jones, Ryan, Hoffman...

De l'utilisation de la DSC...

 

Une rubrique rédigée après la lecture de nombreux articles et sous le contrôle de 'Badcow', intervenant
sur le forum harware, et qui travaille sur les tests DSC à longueur d'année, parfois même sur des explosifs...
Merci à lui !!

 

 

A quoi sert une DSC ?

Le test DSC sert à évaluer la quantité d’énergie dégagée (ou absorbée) par une réaction chimique, ainsi que sa plage d’occurrence. Le test se fait dans une enceinte fermée sous ambiance contrôlée, soit avec de l’air, soit avec de l’oxygène pur (pour favoriser les réactions d’oxydoréduction), soit avec des gaz inertes (argon par exemple) si le produit testé possède son propre comburant ou pour éviter éventuellement les oxydoréductions.


Pourquoi l’utiliser pour tester les ‘chips’ ?

Il peut être intéressant de caractériser le pouvoir calorifique de ces chips pour le comparer à celui de la thermite puisque c'est l'hypothèse avancée.


Comment se fait le test ?

Une fraction infime de l’échantillon est placée sur une coupelle que l’on va faire monter en température de manière régulière, de 5 à 20°C/min classiquement.
La température est totalement contrôlée c'est-à-dire que si la réaction est endothermique (demande de l'énergie) il faudra chauffer davantage la coupelle, si elle est exothermique (fournit de l'énergie) il faudra la refroidir. C'est pourquoi un groupe frigorifique est couplé au four pour éventuellement prendre le relai.


Que peut-on dire des tests de Harrit et al. ?

D’abord ils ont commis la grossière et incompréhensible erreur de réaliser l’essai à l’air libre. Comme l’échantillon contient du carbone, celui-ci va subir une réaction avec l’oxygène de l’air qui est exactement dans la plage testée !

Le test n'a pas été fait en atmosphère inerte pour la simple raison qu'il s'agissait de faire une comparaison avec une courbe DSC de nanothermite connue qui elle aussi avait été enregistrée à l'air (information obtenue en privé directement auprès de l'auteur de cette courbe de référence). En effet, au moment ou on aborde l'analyse de la courbe DSC le fait que la réaction soit de type aluminothermique n'est plus à prouver. Cela est complètement évident compte tenu de la formation de sphérules essentiellement de Fer fondu alors que la température dans le calorimètre n'a pas été élevée à plus de 700°C. Aucune combustion de matériau organique d'un fragment micrométrique comme le sont les chips rouges ne pourrait atteindre localement  la température de 1500°C de fusion du fer!
Par conséquent la question que l'on se pose en abordant les courbes DSC n'est plus de savoir s'il s'agit d'un type de thermite mais si l'on peut trancher entre nanothermite et microthermite plus usuelle!

De plus le pouvoir calorifique du carbone (charbon) est 8 fois plus important que celui ‘attendu’ de la thermite (35 kJ/g contre 3,9 kJ/g pour la thermite).
Donc même très peu de carbone peut fausser grandement le résultat.


Pour s’en convaincre, regardons les courbes du charbon et de divers produits issus du traitement de déchets organiques :

Le test est tiré de l'article suivant :

 

Simultaneous thermogravimetric-mass spectrometric study on the co-combustion of coal and sewage sludges, M. Otero, M. E. Sánchez, A. I. García et A. Morán, Journal of Thermal Analysis and Calorimetry, Vol. 86 (2006) 2, 489–495.

Les conditions d'essai étaient les suivantes :

- Essais en atmosphère d'air (flux de 0,1 L/min)

- Cinétique de montée en température de 5°C/min.

Pouvoirs calorifiques obtenus : 28,9 kJ/g pour C, 17,6 kJ/g pour SSV et 9,5 kJ/g pour SSL (des boues d'épuration séchées).

Ces courbes sont à rapprocher de celle proposée par les auteurs sur une 'chip' (Fig. 29 de l'article, en bleu).

L’allure de la courbe bleue est, avec ses deux pics à 290°C et 440°C, extrêmement similaire à celle du SSL. Bien sûr cela ne veut pas dire que les auteurs ont testé des boues d'épuration : simplement, l’allure de la courbe est la même ce qui prouve qu’elle n'est absolument pas une signature irréfutable. Il faut donc aller plus loin dans l'étude par une analyse quantitative.

Par rapport à l'échelle donnée, il est flagrant que la courbe obtenue reste très en deçà de celle du carbone.

En termes d’énergie totale, la ‘chip’ illustrée en bleu a dégagé 1,5 kJ/g contre 3, 6 ou 7,5 pour d’autres ‘chips’ et 28,9 kJ/g trouvés pour le charbon dans l'article d'Otero et al. C’est à la fois très inférieur et très supérieur à ce qui est attendu de la thermite (3,9 kJ/g), et surtout très variable alors que le produit est sensé être de très haute technologie, utilisant les toutes dernières techniques de pointe (au moins de 2001) d'après les auteurs.

Cette variabilité s'explique aisément par le fait qu'une fraction des chips, la couche grise est  inerte:  Fer plus ou moins oxydé et que la fraction de cette couche grise varie d'un chips à l'autre. Précisons que les auteurs n'ont jamais passé sous silence le fait qu'une contribution de matériau organique puisse fausser en contribuant de façon importante à l'énergie totale libérée. L'important est que sachant que la nature de réaction thermitique est déjà établie, ces sources d'erreur ne vont pas nous empêcher de répondre à la nouvelle question cruciale: thermite ou nanothermite?


En termes de puissance, c’est tout aussi peu concluant puisque la puissance dégagée est 3 à 4 fois moindre que celle des produits carbonés : comme la montée en température est de 5°C/min pour les tests sur le carbone, il faut théoriquement multiplier par deux les puissances sur les courbes en noir pour pouvoir les comparer avec celles de Jones (cinétique de 10°C/min). Dans la pratique, le facteur multplicatif sera situé entre 1,5 et 2 car les rendements de la réaction peuvent varier avec la cinétique de montée en temprérature. 

Remarquons aussi que la montée en puissance est tout aussi prononcée (et donc la réaction rapide) pour le SSL que la 'chip'.

Cette thermite est donc très faiblarde que ce soit en termes d'énergie ou de puissance pour affaiblir notablement les colonnes du WTC. Sauf bien sûr à en mettre des quantités très importantes...

Comment de la simple boue d'épuration pourrait être plus puissante qu'un explosif de très haute technologie?! Pour un matériau qui libère son énergie en se consumant avec l'oxygène de l'air, le SSL, la puissance doit être très inférieure à celle la thermite qui réagit avec elle même (comporte à la fois l'oxydant et le réducteur) sauf peut être pour une très petite particule d SSL. Car la puissance du SSL doit dépendre de sa capacité à brûler rapidement , autrement dit du rapport Surface/Volume que le fragment analysé présente, donc de ses dimensions: autrement dit plus il est petit plus le fragment de SSL sera puissant tandis qu'un kilo de ce SSL se consumera pendant de longues minutes (S/V petit): rien à voir avec le kilo de nanothermite qui libèrera son énergie presque aussi brutalement que le fragment micrométrique. Cela n'a donc aucun sens de comparer les puissances de SSL avec celles de la nanothermite pour des micro-poussières et surtout ce qui compte n'est pas la puissance mais la densité de puissance: le SSL libère son énergie initiale (avant dissipation) dans un volume très supérieur à celui de la thermite, celui de l'air dans lequel il puise l'oxygène nécessaire à la réaction!

De plus une simple courbe au DSC ne donne aucune info sur la puissance ni sur la durée de la réaction pour une réaction rapide donc à fortiori sur la densité de puissance. On serait tenté en effet d'interpréter physiquement la largeur à mi hauteur du pic du redchip comme représentative de cette durée et la hauteur du pic comme une indication de puissance. Mais en réalité  "on utilise la largeur à mi-hauteur sur un pic de fusion pour définir le temps de réponse d’un DSC" et ce ne serait donc pas un paramètre physique pertinent pour caractériser la réaction.  Rien ne permet donc de dire que la thermite est faiblarde (ni en puissance ni en densité de puissance)! 

Ce qui saute aux yeux et montre que nous avons affaire à de la nanothermite plutot qu'à de la banale thermite, c'est que le pic se situe à peine au dessus de 400°C, donc très inférieur à 900°C pour de la thermite normale. Au delà de 500°C tout est terminé, et il ne doit plus rester d'Aluminium non oxydé: effectivement pas de pic endothermique de fusion de l'Alu vers 650°C!
 

Notons que d’autres essais avec de l’oxygène pur peuvent permettre d’améliorer le rendement de la réaction pour le charbon : il est possible alors de monter jusqu'à 35 kJ/g pour du charbon bitumineux mais qui n'est certes pas le même que le précédent (Heat Content of Coal by Pressure DSC Robert L. Hassel, Ph.D.TA Instruments, 109 Lukens Drive, New Castle, DE 19720, USA).

La nano-thermite de plus près...

Observons dans un premier temps les constituants de cette fameuse nano-thermite : ils semblent très différents de ceux présentés dans l’article !

Dans la formule nécessaire pour lancer la réaction :il nous faut...

Tout d'abord l'aluminium (Al) à des tailles nanométriques :
 

Image extraite de :

Florida State University college of arts and sciences, Stability and degradation process of energetic materials, by Melissa Mileham, a Dissertation submitted to the Department of Chemistry and Biochemistry, in partial fulfillment of the requirements for the degree Doctor of Philosophy

Ensuite de l’oxyde ferrique (Fe203) :

Image extraite de :

Enhancing the rate of energy release from nano energetic materials by electrostatic enhanced assembly, Soo H. Kim et Michael L. Zachariah, Advanced Materials, 2004.

Pourquoi les auteurs ne nous ont pas montré d'autres images de nano-thermite et de leurs composants ? Sont-elles trop différentes de leurs échantillons ?

Il y en pourtant abondamment dans la littérature scientifique !

Parceque l'Aluminium ne se trouve pas sous formes de particules rondes mais plates et micrométriques en longueur (nanométriques en épaisseur!) dans le cas des chips: 
rien d'impossible ni de surprenant à cela même si cela ne correspond pas au cas de figure le plus souvent rencontré. Précisons que les particules de Fe2O3 des redchips 
sont bien nanométriques (~100nm) ce qui suffit pour avancer que nous avons bien affaire à de la thermite de type nano plutôt que micro.

Les DSC des matériaux thermitiques…

Voyons maintenant ce que donne un test DSC sur un échantillon de thermite...

Tiré du document :

Characterizing Energy Transfer using an Infrared Camera from a Reacting Nano -Composite Thermite Embedded in a Steel Target by Charles Crane, B.S.M.E. A Thesis In MECHANICAL ENGINEERING Submitted to the Graduate Faculty of Texas Tech University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of MASTER OF SCIENCES IN MECHANICAL ENGINEERING - 2009.

 

La cinétique de montée en température est de 10°C/min, comme pour Jones et ses coauteurs, mais l'allure est très différente de celle qu'ils ont présentée ! En fait, dans les différents articles traitant du sujet, la position et l'intensité des deux pics dépend grandement de la taille des constituants.

Mais en regardant y de plus près, il est aussi notable que quelque soit le matériau thermitique (par exemple aluminium et oxyde de molybdène) un pic endothermique (vers le bas) est observé la plupart du temps à 660°C. Cela traduit la fonte de l'aluminium. 

Mais pas toujours! la courbe jaune parmis les courbes de differentes nanothermites plus bas ne manifeste pas ce pic!

Dommage que la courbe rouge de référence (Tillotson 2001) s'arrête sur l'article de Jones avant cette température cruciale, heureusement d'autres sont plus complètes. J'ai retrouvé l'article de Tillotson - Journal of non-cristalline solides - pp348-355 - mais il n'est pas précisé le type d'atmosphère utilisée... d'où peut être l'erreur commise par les auteurs ?

Tiré du document :

Combustion characteristics of Al nanoparticles and nanocomposite al+MoO3 thermites, par John Josepg Granier, B.S.M.E., M.S.M.E., MECHANICAL ENGINEERING, Submitted to the Graduate Faculty of Texas Tech University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of DOCTOR OF PHILOSOPHY.

A noter que ces tests sont effectués sous atmosphère d'argon... Le pic endothermique a tendance à s'atténuer avec l'augmentation de la finesse des particules d'aluminium. La présence d'oxygène peut aussi dans certains cas le réduire.

Et oui donc rien de très anormal à l'absence de ce pic endothermique (cf courbe jaune)

Mais où est donc ce pic endothermique sur les courbes proposées par Jones et ses coauteurs à la figure 19 de l'article ?

Ce serait un sacré coup de chance que tout l'aluminium ait réagi lors du pic exothermique ! Et si c'est dû au fait que l'essai a été fait en atmosphère d'air ambiant, ce serait une double faute de la part des auteurs !



D'autres nano-matériaux thermitiques…

Il est aussi possible de trouver d'autres types de nano-thermites...

Fig. 5. Scanning electron microscopy images of different thermite compositions prepared by mechanical mixing of starting nano-sized components in a liquid solvent: a) Al–MoO3; b) Al–Bi2O3; c) Al–WO3; and d) Al–CuO

 

Tiré du document :

Metal-based reactive nanomaterials, Edward L. Dreizin, Department of Chemical Engineering, New Jersey Institute of Technology, Newark, NJ 07102, USA, Progress in Energy and Combustion Science 35 (2009) 141–167

Les images au microscope électronique donnent toutes sensiblement la même allure. Par contre, elles sont très différentes de celles fournies pour les 'chips' rouges.

 Il existe une très grande variété de ces nanothermites

Concernant les sphères métalliques…

 

Que des sphères se trouvent dans les poussières, rien d'anormal... dire le contraire serait malhonnête.

Pas en telles quantités et avec la signature Fer-Aluminium fréquemment observée...c'est affirmer le contraire qui est malhonnête

Que des sphères apparaissent après exposition à la torche oxyacétylène (même mini), rien d'anormal.

Que des sphères apparaissent lors d'un test sensé s'arrêter à 700°C, alors là, c'est très mystérieux ! En effet, un test DSC correctement calibré doit suivre la courbe de montée en température prévue. Aucune chance donc de faire fondre de l'acier, sauf erreur de manipulation !!

Il n'y a pas eu d'erreur de manipulation puisque l'appareil n'est tout simplement pas monté au delà de 700°C, si la température de fusion du Fer (1500°C) a été atteinte c'est que c'est la réaction qui l'a produite et cela réduit  à néant toutes les critiques formulées dans cette page!

Une précision juste pour les trolls!!: le fait que le DSC soit contrôlé à une température de 700°C ne signifie pas du tout que l'échantillon n' a pas pu atteindre beaucoup plus!! il est évident que la température contrôlée d'un DSC est celle d'une chambre de plusieurs cm^3 dans laquelle une poussière micrométrique peut atteindre (très localement) beaucoup plus sans que cela affecte très significativement la température de la chambre! Lorsqu'un echantillon quelconque réagit, en général très rapidement en comparaison des échelles de temps sur lesquelles varie la courbe du DSC, sa température atteint toujours momentanément des valeurs très différentes de celle qui est contrôlée dans la chambre et dailleurs la courbe du DSC ne pretend absolument pas suivre dans le temps le dégagement d'énergie beaucoup trop bref mais cette énergie totale progressivement libérée dans la totalité de la chambre peut être évaluée précisément et tendrait à induire des minimes fluctuations de température que justement le DSC compense pour rester globalement à la température contrôlée.

Cela constitue le tout dernier et vraiment seul mystère de la 'chip' mystérieuse !!

 C'est un point fondamental et central, curieuse inversion des arguments de la part de bastison

Car pour ce qui est de la provenance de ces 'chips' il n'y a plus grand suspens, surtout en comparant les images fournies dans cet article réalisé par des chercheurs français et brésiliens (Incorporation of kaolin fillers into an epoxy/polyamidoamine matrix for coatings, A. Astruca, E. Joliff a, J.-F. Chailana,*, E. Aragona, C.O. Petterb, C.H. Sampaiob, Progress in Organic Coatings 65 (2009) pp158–168) avec celles de Jones et ses coauteurs. Même floues, les images sont assez ressemblantes, ou tout du moins, sont loin de remettre en cause l'hypothèse de la peinture pour la couche rouge des 'chips'.

L'idée même qu'une peinture puisse réagir à 400°C en produisant des microsphères de Fer fondu est d'une totale absurdité! Toutes ces ressemblances ne peuvent donc être que trompeuses!