L'alchimie du complot...

Les conclusions physico-chimiques des conspirationnistes méritent à elles seules une page entière.
A ce niveau d'approximation, ce n'est plus de la chimie, mais de l'alchimie...

Des traces de Thermate ?

Le physicien Steven E. Jones est le premier 'scientifique' qui a lancé l'hypothèse de l'utilisation de la thermite, puis de la thermate, pour la découpe des colonnes du WTC au moment de l'effondrement

Qu'est-ce que la thermate ?

La thermate est un mélange de thermite (2Al + Fe2O3), de nitrate de baryum (Ba(NO3)2) et de soufre (S). La thermite est un incendiaire qui permet une découpe rapide de l'acier (voir la vidéo de la rubrique sur la page Mensonges).

Faux: le nitrate de baryum (Ba(NO3)2) est un élément optionnel de la thermate : http://en.wikipedia.org/wiki/Thermate
:"thermate also contains sulfur and sometimes barium nitrate." Le nitrate de baryum ne semble pas avoir été utilisé ou en très faible proportion dans le mélange thermitique utilisé au WTC...ceci dit l'abondance de baryum dans les revêtements des colonnes (girder coating) présenté par l'USGS pose question

D'après Jones qui cite ce brevet en référence, le mélange de thermate est constitué classiquement de thermite à 69 %, 29 % de nitrate de baryum, et 2 % de soufre. 

Une mixture possible  parmis tant d'autres

Le nitrate de baryum et le soufre sont surtout présents pour permettre l'ignition de la réaction thermitique qui sans cela serait très difficile à déclencher. La réaction qui se produit est alors la suivante :

2Al + Fe2O3 = Al2O3 + 2Fe

Il est important de noter que si c'est la thermate qui est utilisée, le nitrate de baryum (en forte proportion) devrait donner une couleur verte à la réaction, contrairement à ce qu'affirme Jones (jaune paille). Les plus curieux qui voudraient refaire un petit tour en enfance peuvent aller vérifier . Le problème c'est que dès qu'il est fait une objection, Jones passe allègrement de la thermite à la thermate et inversement, sans que le contradicteur ne sache plus trop s'il faut s'attaquer à l'une ou l'autre. La thermite donne bien la couleur jaune, mais s'il y a présence de soufre, c'est de la thermate, qui elle est verte avec le baryum ! On tourne vite en bourrique !!

On s'en fout un peu d'ailleurs il se peut très bien que différents mélanges aient été utilisés au WTC: l'un adapté à la section des poutres, un autre  pour chauffer les colonnes sur de grandes surface grâce à un revêtement appliqué en spray ( techno connue des labos militaires US, dont quelques uns des leaders du NIST sont de grands experts), dont on retrouve les chips rouges dans la poussière.

Le soufre, lui, n'a qu'un effet limité sur l'acier, il limite sa coulabilité et le fragilise. Il peut, dans certaines proportions, constituer avec le fer un eutectique dont le point de fusion est alors plus bas que celui de l'acier (1000 °C contre 1500 °C).


Les échantillons étudiés 

Ils étaient constitués de trois morceaux d'acier prélevés sur les ruines du WTC, dont deux au moins proviennent apparemment de colonnes du 55ème étage. Si l'hypothèse que ces échantillons sont "purs" est acceptée, c'est à dire qu'ils n'ont pas subi d'autres réactions chimiques que celles ayant eu cours durant les attentats, nous pouvons nous intéresser aux résultats des analyses.

S'ils ne sont pas purs il faut alors expliquer comment les éléments se sont mélangés de façon intime (notamment l'Aluminium) ce qui requiert des phases liquides et surtout ces morceaux sont des morceaux de métal précédemment fondu donc 1500°C pour de l'Acier, et pas seulement fondu de façon très superficielle car des plats de 5 centimètres d'acier d'épaisseur ont été réduits de moitié! (mon slide 214)

Les résultats

Les analyses ont consisté à passer les échantillons au microscope électronique : fluorescence X et analyse à la micro-sonde. Notons que l'analyse à la mico-sonde ne permet de scruter qu'une infime partie de l'échantillon et en surface.
Une analyse quantitative plus poussée aurait été intéressante sur le plan scientifique. Là, on nous parle de traces, d'abondance (!) mais aucun chiffre pour une base de discussion...

Les chiffres et images sont suffisants pour en tirer les conclusions présentées

Les résultats obtenus ont fait apparaître :

* la prédominance de l'élément fer

* la présence de chrome en très faible quantité

* fluor, manganèse, soufre et aluminium en quantités plus ou moins 'abondantes'

* enfin, le soufre s'est attaqué à l'acier, créant une sulfuration (FeS - sulfure de fer) de surface.

Ce qui aurait été très pertinent d'un point de vue scientifique, c'eût été de faire des analyses identiques sur des aciers issus de démolitions ou d'incendies et qui auraient eu à subir des conditions similaires. En tout cas, c'est ce qu'auraient fait des personnes souhaitant "appliquer la méthode scientifique" (copyright Jones dans son diaporama, défense de rire...).

 Ben cela eut été difficile puisque aucun incendie de gratte ciel n'a jamais produit même de loin le type de corrosion  constaté au WTC qui a décontenancé tous les experts du feu ! notamment l'acier fondu comme du fromage suisse: avec des trous!

 

Les conclusions

Etant donné que la thermate contient au moins 2% de soufre, pour Jones tout cela ne fait aucun doute, c'est bien de la thermate qui a été utilisée pour sabrer les tours...

La quantité de soufre a utiliser devait être de beaucoup plus que 2% pour produire un mélange eutectique qui n'avait pas grand chose à voir avec en tout cas la forme la plus commune de thermate. En effet le point eutectique est atteint pour 31.4 % de soufre

c'est énorme! On comprend mieux pourquoi les experts de la FEMA ont été complètement stupéfaits, et pourquoi le NY time a titré :"peut être le mystère le plus profond non élucidé par l'enquête" .

Commentaires et analyses...

Les conclusions proposées par Jones à partir de l'analyse de ces trois échantillons sont assez remarquables de simplicité... mais aussi d'un sacré culot !

- Si le soufre est le témoin de la présence de thermate sur les colonnes du WTC, où est donc passé le nitrate de baryum qui est 15 fois plus important en quantité que le soufre ? AUCUNE de ses analyses n'y fait référence ! Bizarre non ? Evaporé le baryum ?

 Pas bizarre du tout puisque le Baryum n'est qu'optionnel

- Le chrome et le manganèse sont des composants que l'on retrouve classiquement dans l'acier (fer + carbone) selon les propriétés mécaniques souhaitées. Le rapport du Nist donne les différents types d'acier et leurs additifs (chrome, manganèse, vanadium, cuivre...). L'aluminium utilisé en façade des tours pour recouvrir l'acier était aussi pourvu de manganèse, de l'ordre de 1 %.

 Oui mais Jones trouve beaucoup plus que 1% de Manganèse et l'Aluminium mélangé avec le fer précédemment fondu : ce qui exclu l'acier structurel!

- Le fluor est aussi un élément assez commun sur 400 000 m² de bureaux. Ce composant se retrouve bien sûr en grande quantité dans le polytétrafluoroéthylène (abréviation : PTFE, plus connu sous le petit nom familier de téflon) dont il n'est pas la peine de faire la liste exhaustive des utilisations (protections, isolations, membranes, habits, etc...). Jones, lui, ne parle jamais de téflon mais de polytétrafluoroéthylène "utilisé dans les charges de thermite" : le terme scientifique fait beaucoup plus sérieux et impressionne ne serait-ce que par sa longueur...

Le fluor était aussi extrêmement présents dans les 7 bâtiments du complexe WTC au travers du système de climatisation qui utilisait encore du fréon, un gaz interdit depuis quelques années en raison de son effet néfaste sur la couche d'ozone. Près de 100 tonnes étaient utilisées pour la climatisation de l'ensemble des bureaux. Ce gaz étant plus lourd que l'air se situait au coeur des décombres et constituait un réel danger pour les secouristes.

- Le permanganate de potassium (KMnO4) a aussi été avancé comme étant un oxydant dans les réactions thermitiques et les traces trouvées dans les analyses (potassium K et manganèse Mn) sont considérées comme autant de preuves de la présence de thermate... Malheureusement, les conclusions sur le potassium sont tout aussi hasardeuses que le manganèse puisque, là aussi les sources de cet élément pouvaient être nombreuses dans les tours du WTC : béton, produits pharmaceutiques, fertilisant pour les plantes, détergents, cuisine (!)...

Ce n'est pas parceque les éléments existaient au WTC que cela donne la moindre idée de commencement d'explication au fait qu'ils sont mélangés  dans du métal précédemment fondu  !

- Enfin la présence de soufre, et plus précisément la sulfuration de l'acier nécessite un petit développement...

Le soufre...

La sulfuration de l'acier a été révélée pour la première fois dans le rapport de la FEMA. A haute température (environ 1000 °C) le soufre attaque l'acier pour former du FeS.

La question qu'il faut préalablement se poser est donc : d'où peut bien provenir ce soufre et comment a-t-il interagit ?
 

Au passage, notons que Jones ou F. Henry-Couannier affirment dans leur diaporamas respectifs qu'un "mélange eutectique de fer et de soufre a pénétré et attaqué l'acier entre les grains"... C'est complètement aberrant : un mélange eutectique est justement l'association de deux éléments liquides qui se comportent ensuite comme un corps pur. Il ne peut donc y avoir de réaction entre les constituants !

 Mais l'acier n'est pas un constituant de l'eutectique, il est attaqué par l'eutectique qui est un mélange étranger à la structure. Comment imaginer que le l'acier en effet se soit chargé de soufre au point d'atteindre une proportion de 30¨% de cet élément juste celle qu'il faut pour que les conditions du mélange eutectique soient atteints, un mélange qui aurait permis la fusion de 2,5 cm d'epaisseur d'acier: pas superficiel du tout!: c'est du jamais vu dans les incendies de bureau (malgré la présence commune de sources de soufre dans le Gypse)

Le dioxyde de soufre (SO2) capable de créer cette sulfuration de surface peut provenir de beaucoup de sources : la combustion des matériaux de bureaux, des véhicules dans les parkings, de la réaction de l'aluminium avec le plâtre ou carrément de la décomposition du plâtre...

En effet il se trouve que le soufre est un des composants principaux du gypse (CaSO4) qui sert d'élément de base à la fabrication du plâtre. Il a été montré dans des articles antérieurs aux attentats, qu'il était possible de décomposer le gypse selon les deux réactions suivantes :

CaSO4 + CO --> CaO + CO2 + SO2 en présence de monoxyde de carbone et à partir de 1000 °C.

3CaSO4 + 2Al --> 3CaO + Al2O3 + 3SO2 lorsque l'aluminium fondu s'écoule sur du plâtre...

Greening a donné les références de toutes ces recherches dans son papier.

Compte tenu de la quantité de plâtre utilisée dans les tours (protection incendie des colonnes, cloisons séparatives, etc...) il va sans dire que la masse de soufre nécessaire à la sulfuration de l'acier était des milliers de fois supérieure à ce qui était nécessaire. De plus, suite à l'effondrement des tours, ce plâtre s'est retrouvé pulvérisé dans l'atmosphère et sur les décombres du WTC, s'insinuant dans tous les interstices.

En comparant la capacité de production de dioxyde de soufre de toutes les sources précitées avec la quantité de soufre supposée utilisée dans la thermate, les ratios apparaissent ridicules et anéantissent complètement l'hypothèse de Jones.

Mais l'auteur fait semblant de ne pas comprendre que pour transformer 2.5cm d'épaisseur d'acier en un mélange eutectique qui fond comme du gruyère, il ne suffit pas de souffler dessus pendant 1/4h à 1000°C même dans une atmosphère chargée de vapeurs de SO2. J'ajoute que l'idée de l'eutectique est justement là pour nous expliquer comment l'acier a pu fondre sur une telle epaisseur, si on renonce à l'eutectique alors il faut admettre 1500°C pour faire fondre l'acier ainsi: par conséquent pour que cette idée fonctionne il faut que les conditions du mélange eutectique aient été atteintes pas seulement superficiellement !

En effet, Jones a évalué la quantité de thermate nécessaire (après consultation d'experts) à 1000 pounds soit environ 500 kg. Bien sûr : il n'en fallait pas de trop pour des problèmes de logistique. Le problème c'est qu'avec ce poids là, la proportion de soufre est de 10 kg par bâtiment (2% seulement dans le mélange), à comparer à la masse totale d'une tour évaluée selon les sources de 300 000 000 à 500 000 000 kg. A ce niveau de 'concentration', le fait que les 10 kg provenant de la thermate aient réagi avec 3 morceaux d'acier pris au hasard relève d'un miracle à peu près aussi osé que de trouver des traces de Jésus Christ chez les Mayas...

Ben si on regarde spécifiquement une portion de métal fondu : on se concentre sur une toute petite parcelle ou justement un mélange thermitique plutot à base de 30% de soufre que 2% permettant d'atteindre les conditions de l'eutectique est suspecté d'avoir concentré ses effets et le miracle disparait.

 Références précises SVP sur ces allégations de Jones! 

C'est bien que la quantité de soufre dégagée a été bien plus importante et nécessité les sources bien plus conséquentes citées plus haut.

 Je pense effectivement que beaucoup plus de soufre a été utilisé. Mais quelque soit la quantité de soufre que constituait la source qu'est le gypse il est invraisemblable qu'il ait contribué à produire les effets observés: section de colonne transformée en métal fondu apparance Gruyère! Il faut un mélange préalablement préparé et optimisé pour cet effet: c'est évident!

 

Il faut également savoir, que même à froid et sans parler de SO2, le plâtre est très corrosif pour le métal, il n'y a qu'à lire cet article (antérieur lui aussi aux attentats) pour en être convaincu...

Titre du document
Metallic corrosion in contact with synthetic gypsum pore solutions and gypsum = Corrosion des métaux en contact avec des solutions de pores synthétiques de plâtre, et de plâtre
Auteur(s) / Author(s) : VERDU P. (1) ; GARCES P. (1) ; CLIMENT M. A. (1) ;
Affiliation(s) du ou des auteurs / Author(s) Affiliation(s) (1) Universidad de Alicante, ESPAGNE
Résumé / Abstract
Des mesures du taux de corrosion de différents métaux en contact avec du plâtre ont été effectuées dans des solutions reconstituant l'environnement électrolytique dans les micropores du plâtre et d'éléments de construction de plâtre. Les taux de corrosion de l'acier sont d'un ordre de grandeur supérieur, dans une solution de pores synthétique de plâtre, à ceux du cuivre, du laiton et des aciers galvanisés. Toutes ces valeurs indiquent des taux de corrosion plus qu'importantes. Afin d'éviter cette corrosion sur l'acier, il convient d'ajouter à cette solution du NaNO2 en concentrations au-dessus de 10-2 M. L'étendue de la corrosion de l'acier pur, dans le plâtre durci, est plus faible que dans le plâtre à gros ou fins grains, probablement à cause de la faible grosseur des particules et de la plus faible porosité, qui en résulte. Le taux d'humidité auquel so
nt soumis les matériaux à base de plâtre, a une forte influence sur le taux de corrosion de l'acier.
Revue ZKG international ISSN 0722-4397
Source 1997, vol. 50, no6, pp. 340-345 (4 ref.)


En y ajoutant l'air marin très salin et la quantité d'eau déversée par les pompiers sur les débris, le niveau de corrosion de l'acier n'est plus une surprise pour un chimiste averti ! En tout cas, pour le professeur Jones et bien d'autres, tout cela est déjà un peu trop compliqué...

 Ce n'est pas de la simple corrosion qui a été observée : une colonne d'acier de 5cm d'epaisseur a fondu et été réduite de moitié: si l'explication était aussi évidente que nous l'explique bastison.net, les experts du feu de la FEMA n'en auraient même pas fait mention

Enfin et pour conclure, la fusion de l'acier au coeur des décombres pendant plusieurs semaines après l'effondrement peut également apparaître suspecte et a fait couler beaucoup d'encre... En fait, compte tenu de la somme de composés chimiques présents sur 400 000 m² de planchers, parfois incompatibles entre eux, qui ont été malaxés et réduits en poudre et gouttelettes, enfouis dans un amas de décombres recélant d'énormes poches d'air (voir les films montrant les pompiers travaillant dans les "cavités"), il n'est pas étonnant que de puissantes réactions exothermiques se soient produites, initiées par l'incendie préalable.

Bla bla complètement insignifiant: les conditions de la fusion de l'acier sont extrêmement difficiles à réaliser: dans l'incendie du tunnel du mont blanc les conditions étaient paroxysmiques: le tunnel s'est comporté comme une cheminée permettant un appel d'air frais, des tonnes de margarine transportées par les camions et les reservoirs d'essence etaient un combustible abondant, le tunnel lui même se comporte comme un four par l'isolation thermique que représentent ses facades : malgré tout la température n'a pas dépassé 1000°C : il faut 1500°C pour atteindre la Temp de fusion de l'acier avec faible concentration de carbone comme au WTC.

De plus, avec l'énorme quantité d'eau envoyée pour refroidir ces décombres, il est possible qu'un autre phénomène ait été mis en jeu, c'est celui d'une réaction entre l'acier et la vapeur d'eau. En effet, un procédé industriel utilisé dans le temps pour créer de l'hydrogène consistait à faire passer de la vapeur d'eau sur des particules de fer. Le fer s'oxyde alors (absorption de l'oxygène) et l'hydrogène est libéré. Si cette réaction s'est produite, l'hydrogène pouvait alors réagir avec l'oxygène ou d'autres composés pour une réaction exothermique supplémentaire. Ainsi, en déversant de l'eau sur les ruines, il est possible qu'une partie ait servi à entretenir des réactions chimiques et élever encore la température ! Cela ne serait pas le moins paradoxal dans cette histoire...

Ben voyons!

Les Thermobariques, la solution à tous vos problèmes ?

(Une rubrique écrite suite à un échange de mail avec Hervé, merci à lui pour toutes ses précisions !)
 

Frédéric Henry-Couannier est un grand défenseur de la thèse des thermobariques : il affirme que ce sont ces armes qui ont facilité l'effondrement et permis de pulvériser le béton des planchers du WTC . Je ne suis pas le seul : cf  http://911research.wtc7.net/wtc/analysis/theories/thermobarics.html

C'est qu'il s'agit tout simplement de l'hypothèse parfaite pour rendre compte de tout ce qui est observé! Voir sur mon site pour les détails et ma page de réponse précédente à bastison.net

Qu'est ce qu'une arme thermobarique ?

Des notions préalables sur les explosifs dont le texte ci-dessous est extrait...

 

Rappelons que, dans l’immense majorité des cas, une réaction explosive peut être comparée à une combustion extrêmement rapide, plusieurs centaines de mètres à la seconde dans le cas d’une déflagration, plusieurs kilomètres à la seconde dans le cas d’une détonation. Une réaction de combustion se produit lorsque de l’oxygène se combine à un corps réducteur en libérant de l’énergie sous forme de chaleur, et lorsque la chaleur produite suffit à entretenir la réaction. C’est ce qui se passe dans un poêle, une cheminée, une bougie, un incendie de forêt, etc.

On distingue traditionnellement les explosifs, selon leur composition, en deux classes : les mélanges explosifs et les explosifs simples. Dans les mélanges explosifs, on associe un ou plusieurs produits avides d’oxygène (carburants) à un ou plusieurs produits propres à en libérer lorsqu’ils sont chauffés (comburants). C’est, par exemple, le cas de la poudre noire, des mélanges nitratés ou des mélanges chloratés bien connus des enfants turbulents. Dans les explosifs simples, une seule molécule contient le comburant et le carburant. Le comburant est simplement fixé au carburant par une liaison faible, facile à rompre avec une faible énergie. Lorsqu’une telle molécule est rompue, et si la température de combustion est atteinte, elle se recompose en plusieurs molécules à liaisons fortes, en libérant beaucoup d’énergie. Cette énergie libérée est suffisante pour rompre plusieurs autres molécules et fournir la chaleur nécessaire à la combustion des « morceaux » de carburant produits avec l’oxygène libéré de ses liaisons faibles. Dans cette catégorie, on trouve la plupart des explosifs militaires (TNT, pentrite, hexogène…) et certains explosifs civils, comme la nitroglycérine utilisée dans les dynamites. La plupart des explosifs simples sont de type nitré. En général, les mélanges explosifs, à moins d’être très fortement amorcés, déflagrent, tandis que beaucoup d’explosifs simples détonent assez facilement.

Les thermobariques sont une catégorie particulière de mélanges explosifs. Leur particularité est d’utiliser comme comburant l’oxygène disponible dans l’air ambiant. L’idée générale est de reproduire délibérément les phénomènes à l’œuvre dans les explosions accidentelles de gaz, les « coups » de grisou, de poussier, les explosions de silos… On peut aussi évoquer ce qui se passe dans le moteur de votre voiture : l’essence, ou le gazole, est mélangé à de l’air. Le mélange comprimé fait explosion et une infime quantité de carburant peut ainsi déplacer un véhicule de plus d’une tonne. Tout l’intérêt de l’affaire est d’économiser le poids et le volume du comburant, qui constituent la majeure partie du poids et du volume d’un explosif « classique ». Pour fixer les idées, dans les meilleures conditions de mélange et d’allumage, un kg d’essence libère en brûlant plus de dix fois l’énergie libérée par l’explosion d’un kg d’explosif militaire standard.

Ainsi, la thermobarique est une arme dont l'explosif ne contient pas son carburant et son comburant mais seulement son carburant. Pour le faire détonner c'est l'oxygène de l'air qui est utilisé comme comburant. Pour cela il faut disperser le carburant dans l'air (en général avec un petit explosif classique), puis déclencher la combustion.

Le résultat est une forte montée en température et en pression : thermobarique vient du grec thermos et baros.

Les armes thermobariques sont intéressantes car, comme du poids est gagné sur le comburant, à masse égale, l'explosion générée est nettement plus puissante. Par ailleurs, cela permet de déclencher l'explosion sur tout un volume plutôt que sur un point précis ce qui est plus efficace comme arme anti-personnel : une explosion thermobarique est capable de contourner une protection balistique puisqu'elle permet d'atteindre des soldats qui n'auraient pas été blessés par une arme à fragmentation classique, au fond d'une tranchée ou derrière un muret par exemple.

Ce sont les Russes qui ont le plus développés ce genre d'arme notamment pour le combat urbain avec des lance-roquettes d'épaule (RPG 29, RPG 32,...), mais les autres pays en ont fait également. Le fonctionnement thermobarique est utilisé aussi sur de très grosses bombes comme la fameuse "Father of all bomb" russe, d'une masse de 7100 kg qui produit une explosion équivalente à 44 tonnes de TNT (par comparaison, Hiroshima c'était 12 000 tonnes d'équivalent TNT).

Le fonctionnement thermobarique implique :

A) L'énergie n'est pas concentrée mais s'exerce un peu partout à la fois. C'est parfait pour son rôle anti-personnel mais très peu efficace en anti-bâtiment ou anti-blindage où on recherche au contraire à concentrer l'énergie en un point précis (cas de la charge creuse) ce n'etait pas le but, cf plus bas!. Quand une charge thermobarique explose dans un bâtiment on constate que les gaz enflammés sortent par toutes les ouvertures (non! ca dépend du fuel utilisé, avec l'hydrogène pas de boule de feu mais un éclair de lumière instantanné qui passe inapercu s'il est à l'intérieur du building : http://www.darksideofgravity.com/Collapse_2.pdf). Il faut comprendre que la pression s'exerce dans tout les sens, vers le haut, le bas et les 4 murs à la fois. Si la pression ne peut s'évacuer suffisamment rapidement par les ouvertures, et en fonction de la solidité du bâtiment, il peut arriver que le toit soit soulevé ou qu'un ou plusieurs murs soient soufflés.

Pour souffler le périmètre extérieur il n'y avait pas d'autre choix possible que les thermobariques. La pression pouvait s'évacuer le plus rapidement par les fenêtres évidemment. Pas de boule de feu dans le cas de thermobariques à l'hydrogène, les plus puissants!, pas de résidus chimiques non plus (que de l'eau)   pics sonores atténués:: éléments essentiels pour le choix d'une arme aussi discrête que possible

B) La difficulté de ces armes, c'est d'obtenir un mélange aussi homogène que possible entre l'air et le carburant, sinon tout ça n'explose pas très bien. Bien entendu il n'est pas question d'obtenir un mélange exactement stoechiométrique mais il faut quand même s'en approcher. 

L'hydrogène est idéal pour cela grâce à sa forte pression de vapeur

Les roquettes thermobariques sont parfaites à l'intérieur des bâtiments car le volume d'air d'une pièce est suffisant pour l'explosion (et la surpression est maximisée par le confinement). En revanche les grosses bombes ne peuvent être utilisées qu'en extérieur sinon il n'y aurait pas assez d'air.

Un étage du WTC c'est un terrain de foot de superficie et près de 4m de haut! Ca Risquait pas de manquer d'oxygène

L'application au WTC

Point A :

Concernant le WTC, sur un étage, la surface des planchers est bien plus importante que celle des murs, or la force exercée par une pression est proportionnelle à la surface sur laquelle elle s'applique. L'explosion thermobarique aurait donc soufflé les planchers bien avant les colonnes de la façade. Elle n'est donc pas adaptée pour détruire la structure d'un bâtiment tel que les tours du WTC.

Pour un pulse de pression sur une dalle presentant une forte inertie: l'essentiel de l'énergie pulvérise le matériau plutôt que ne le souffle. De plus , les explosions pulvérisant chaque étage devaient se succéder tous les dizièmes de seconde (puisque un peu plus de 100 étages onté été détruits en un peu plus de dix secondes) par conséquent les dalles ont été prises en sandwitch entre les explosions et n'ont pas été soufflées mais pulvérisées par les pics de pression.

Point B :

Compte tenu de la géométrie très particulière des étages (très grande surface par rapport à la hauteur) et même s'il n'y avait que très peu de cloisons internes (bureaux en 'open space') il aurait été impossible d'obtenir une bonne répartition du carburant. Cela aurait provoqué de grosses flammes plutôt qu'une explosion, un peu comme la photo qui illustre la page d'accueil du site où le mélange air-kérosène n'a pas pu se faire de manière adéquate compte tenu de l'énorme quantité de carburant.

Or, ces flammes ne sont nullement visibles sur les images des effondrements : juste de la poussière, les fameux "squibs", comme sur la vidéo ci-dessus.

 Non! il aurait été ridicule d'utiliser des thermobariques au Kerozène. L'hydrogène ne présente pas de boule de feu et se répand idéalement sur un volume  effectivement très ouvert. 

Frédéric Henry-Couannier écrit sur le powerpoint à disposition sur son site : "Ces nouvelles explosions sont beaucoup plus puissante et destructrices et chacune détruit un ou plusieurs étages tout entier d'un seul coup (pulvérise le béton et souffle les colonnes externes) : ce sont des explosions de thermobariques dont le principe est la dispersion d'un gaz explosif comme l'hydrogène dans tout le volume d'air d'un étage à détruire avant de declencher son explosion. Ces pulses sont beaucoup plus étalés et beaucoup moins piqués que ceux d'explosifs conventionnels au contact, donc pas de crepitement sec d'explosions mais plutot les pulses se succedant rapidement, donnant l'impression d'un grondement continu".

Hervé conclut lui ainsi :

J'en déduis qu'il n'a jamais vu l'explosion d'une arme thermobarique :

_1 La pression étant répartie sur une surface, le béton peut céder, il peut être fracturé mais il n'est pas pulvérisé.

Faux Le pulse de pression d'un thermobarique est moins élevé en amplitude mais plus destructeur que celui d'un explosif conventionnel car beaucoup plus long. La surpression est donc largement suffisante pour produire la pulvérisation souhaitée.

_2 L'explosion est certes un tout petit peu plus étalée, mais très peu en réalité. La détonation reste quand même très forte, impossible de la confondre dans un grondement continu, d'autant que là on parle d'armes de très forte puissance, pas d'une simple roquette thermobarique.

Mais quand il y a dix explosions par seconde ca devient un grondement continu : Un grondement effectivement extrêmement puissant !
En milieu confiné les pulses sont étalés de plus par reflexion multiples et effets non linéaires avec des durées de plusieurs centièmes de seconde

Pour moi il n'y a pas eu d'explosion thermobarique dans les WTC : on aurait vu des flammes énormes (tapez thermobarique dans dailymotion ou youtube pour vous en convaincre), et de toute façon ça n'aurait pas été un choix judicieux pour détruire une structure. Dire que les thermobariques sont : "les plus puissant explosifs non nucléaires mis au point par l'homme", c'est ronflant, mais ça ne signifie pas grand chose.

Ce n'est pas ronflant : c'est exact et c'est aussi indispensable au WTC pour détruire le plus grand volume avec le moins de charges possibles sans boule de feu avec de l'hydrogène : Alors que le TNT libère 4.2 MJ/kg, l'hydrogene produit 120 MJ/kg

Il ajoute en outre que les gens ont beaucoup de fantasmes quant aux capacités des "technologies militaires". Le nécessaire secret militaire et les films américains à grand spectacle en sont sûrement à l'origine. Les militaires, fussent-ils américains, ne disposent pas de technologies extraterrestres. C'est un peu facile d'asseoir un discours en le clôturant par : "la technologie militaire le permet", sous entendu : "une technologie secrète et bien plus avancée que la technologie civile". Cela présente surtout l'avantage d'impliquer au passage l'armée et donc le gouvernement.

Quand on sait qu'ils ont des budgets se comptant en centaines de milliards de dollars et que leurs recherches sont top secret militaire, la phrase précédante est d'un niveau de stupidité affolant!!

Quand les militaires veulent détruire un bâtiment ils peuvent le faire à distance par des missiles, des obus ou des bombes d'aviation. S'ils ont accès à ce bâtiment ils vont le miner et le faire sauter de l'intérieur en reliant les charges avec des fils et en utilisant des composants qui se retrouvent, pour l'essentiel, dans le civil. C'est comme ça que les unités du génie travaillent, quel serait alors l'intérêt d'utiliser des charges commandées à distance ? Si on mine un bâtiment c'est, par définition, qu'on y a accès, la commande à distance n'est d'aucune utilité. Alors évidemment il est possible de commander à distance des charges explosives, notamment avec des téléphones portables, les terroristes le prouvent quotidiennement en Irak et en Afghanistan. Mais là il ne s'agit plus de technologie militaire et il est hautement improbable de parvenir à déclencher comme ça des dizaines d'explosions avec des microretards précis au dixième de seconde.

Sauf qu'un des paramètres ici est qu'il s'agit d'un acte criminel necessitant de la discretion: je vous raconte pas l'installation de kilomètres de cables pour une destruction de cette envergure

A noter également une nouvelle et prometteuse liaison intermoléculaire mise en évidence par F. Henry-Couannier dans son diaporama : "Des témoignages de sensation de raréfaction de l'oxygène semblent indiquer que le fuel a pu fixer l'oxygène avant le déclenchement véritable de la réaction explosive (!?)". Les chimistes connaissaient déjà les liaisons faibles, fortes (et d'autres...) mais ce nouveau et révolutionnaire concept de "fixation" de l'oxygène sur le fuel mériterait un développement de la part de FHC.

J'ai maintenant renoncé à cette idée spéculative et non indispensable...

Mais il ne s'arrête pas là et affirme par ailleurs à propos de l'effondrement : "De telles accélérations anormales s'expliquent facilement et ne sont pas étonnantes du tout si on admet l'usage d'explosifs. Car certains explosifs, les armes thermobariques, que nous considérerons plus loin, ont la propriété de générer et maintenir des dépressions colossales surtout en zones confinées (galeries, bâtiments)." (page 56). "Une énorme dépression qui tire la structure vers le bas" (page 272).

C'est là une légende urbaine à propos des armes thermobariques qui est colportée par wikipédia,
notamment, et qui prétend que l'oxygène consommée crée un "vide"... 

L'énorme depression à laquelle je fais allusion est tirée d'un article d'expert Pas le moindre doute la dessus.

Cela ne peut satisfaire quiconque à quelques notions élémentaires de chimie puisque à toute consommation d'oxygène par un produit carboné est associée la création de monoxyde ou de dioxyde de carbone. Ce n'est donc pas cela qui crée une dépression mais plutôt un effet "mécanique" lié à la propagation de l'onde de choc. 

Avais je dit le contraire: j'ai même explicitement mentionné cette onde de choc dans mon doc!

Comme pour toute onde, après un pic (surpression), il se trouve un creux (dépression). D'autre part, pour cette onde, l'amortissement est très important ce qui fait que la dépression est nettement plus faible que la surpression. 

Surtout qu'elle ne peut excéder 1 atmosphère évidemment: on ne peut pas faire plus vide que le vide! Heureusement que bastison est là pour nous expliquer tout ca!

Enfin, toutes les fenêtres de l'étage ayant été soufflées, par quel miracle les planchers seraient "aspirés" et pas les poussières bien plus légères ? Rien de tel n'est pourtant visible sur les vidéos ! Encore une fois, tout cela n'est pas très cohérent sur le plan scientifique.

On ne voit pas la base du WTC7 dans les videos

Concernant les démolitions contrôlées, une autre vidéo intéressante à verser au dossier : celle d'une démolition par vérinage (donc pas d'explosif), où le tiers supérieur d'un bâtiment est désaxé et s'effondre sur la partie inférieure...

Le processus bien entendu ne s'interrompt pas, et vous pourrez noter les 'squibs' si caractéristiques qui font beaucoup fantasmer les conspirationnistes.

 Merci à bastison pour ce magnifique exemple qui illustre à merveille toutes les différences qui sautent aux yeux entre cette destruction et celle des tours (bien qu'il s'agisse malgré tout d'une démolition contrôlée même si sans usage d'explosifs)

- Pas de squibs: un "squib" doit être très localisé et loin du front principal de destruction

- Ralentissement très perceptible sans analyse de la partie supérieure s'écrasant sur la partie inférieure

- Mais surtout ne manquez pas de visionner la video complète, et remarquez la pile de dalles (sans doute en béton) au pied de l'immeuble vers la fin! 

mort de rire!  Je rappelle que les témoignages dans le cas du WTC (2 dans mon doc) précisent qu'on parvenait difficilement à trouver des morceaux de béton.  Remarquez comme la zone est propre autour de la pile de ruines très localisée : ce nuage de poussières une fois retombé ne devait représenter à coup sur qu'une fraction négligeable du béton de la tour (à comparer à 20cms d'epaisseur de béton pulvérisé à 60 microns dans les rues de New York). 

Au vu du nuage 'd'apparence pyroclastique', il serait intéressant de savoir sur cet immeuble de faible hauteur (20 étages à tout casser...) la quantité de béton pulvérisé, le tout sans aucune explosion !!!

Le nuage n'est pas plus d'apparence pyroclastique que celui d'un sac de farine que j'éclaterais tout en le filmant à bout portant. Remarquer comme au bout de quelques secondes, passé le souffle initial, il ralentit au niveau de la pelle mécanique et commence à diffuser dans l'air comme celui de la tour Landmark.

Voyez ensuite pour comparaison les diapos dans www.darksideofgravity.com/Collapse_2.pdf non ce n'est pas seulement la différence d'échelle des tours qui explique la différence : le nuage de la tour Landmark était en tout point comparable à celui de cette tour ABC et n'avait rien à voir avec celui du WTC7.

Autre petit film qui, avec le précédent, anéantit toutes les théories avancées par les conspirationnistes, c'est celui de l'effondrement partiel de la tour Windsor de Madrid en 2005.

On y voit que toute la partie métallique cède peu à peu : elle n'a tenu en place que de manière temporaire, le court délai gagné étant dû aux nombreux points d'ancrage à la structure en béton armée qui, elle, a très bien résisté.

Il existe des témoignages et non des moindres faisant état d'une structure de béton au coeur du WTC!

Mais remarquez que cette structure métallique effondrée ne met absolument pas en danger l'intégrité globale de la tour Windsor ...probablement parcequ'elle ne jouait qu'un rôle structurel minime , alors qu'au WTC les colonnes extérieures étaient conçues (suffisamment épaisses) pour supporter une bonne partie de la charge et assuraient en partie l'intégrité de la structure! 

Au passage, des coulées sont visibles le long des façades... Simples éléments incandescents ? Acier ou aluminium en fusion ? Thermite ? Thermate ?

 Oui tout simplement des éléments incandescents: rien ne permet d'affirmer autre chose (surtout en pleine nuit) alors que la coulée du WTC est elle sans ambiguité une véritable coulée: liquide donc et jaune brillante en plein jour!

Je laisse cette question à la sagacité des nombreux et savants analystes d'images vidéos trouvées sur le net...

...à lire aussi sur le site de reopen le texte écrit par "un professionnel d'une entreprise de démolition qui souhaite garder l'anonymat" : ce qu'il écrit tend plutôt à accréditer la thèse officielle que celle des conspirationnistes. Il explique très bien les "squibs", les détonations entendues dans les sous sols et l'effondrement final par effet mouton...

Encore un courageux  expert anonyme

De mystérieuses poussières...

L'analyse des poussières recueillies sur les lieux de l'effondrement est une nouvelle marotte pour Jones et consorts...

Outre le fait qu'il est difficile de savoir exactement d'où sortent ces échantillons (coeur de l'effondrement ? 50, 100, 200, 500 m ??) il est possible d'y trouver tout et son contraire. C'est une vraie cours des miracles...

 l'origine de tous les échantillons dont l'analyse est présentée par Jones and co est parfaitement identifiéé et précisée dans les publis

Les échantillons qui ont été prélevés de manière rigoureuse, ont été identifiés avec le lieu et la date du prélèvement.

Certains ont permis d'évaluer la toxicité des résidus en différents endroits...
Les analyses ont été conduites et les métaux les plus présents ont été quantifiés.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que rien d'exceptionnel n'a été relevé, en tout cas rien qui donne des indices pour une quelconque présence d'explosif.

Faux : la présence de microsphères de fer fondu en très grandes quantités a été relevée par RJ Lee avant d'être redécouverte par Jones, la découverte des chips est effectivement de Jones. Les thermobariques à Hydrogène ne sont pas censés laisser de signature chimique!

Les résultats sont conformes aux attentes avec notamment une forte concentration de Calcium provenant du plâtre (Ca et SO4) et du béton (Ca, Si et Al) pulvérisés. Les métaux sont issus, eux, d'éléments structuraux ou de réseaux de second oeuvre : électricité, plomberie...
Tous les résultats à venir donnant des résultats miraculeux devront donc être pris avec des pincettes et il faudra s'assurer que les échantillons n'ont pas été trafiqués !!

 Il est difficile de falsifier de la poussière du WTC justement parcequ'on dispose de beaucoup d'informations détaillées sur cette poussière: il m'a par exemple été facile d'exclure rapidement un de mes échantillons...et je ne concluerai pas tant que je n'aurai pas de bonnes raisons pour soutenir la fiabilité des autres.

Notamment en cas de découverte de résidus de thermate non consummée ('chips' rouges dans les diaporamas de F. Henry-Couannier reprenant les résultats de Jones) dont on trouverait la trace à tous coups parmi le million de tonnes de décombres (soit 1 000 000 000 kg) !... Rappelons que Jones a évalué la quantité nécessaire à 500 kg par bâtiment au départ. Combien en resterait-il donc à l'arrivée après combustion ? Surement beaucoup moins...

Retrouver de tels résidus de thermate dans ces conditions ne relève plus de la science mais d'une sacrée baraka... Autant jouer au loto.

L'évaluation de Jones de 500 kg est sans doute très sous-estimée. Par ailleurs, la méthode d'extraction des particules ferreuses avec un aimant permet justement d'isoler une fraction très faible de la poussière pouvant contenir les fameux chips!

... et toxiques ?

Il est possible de lire à plusieurs endroits que la toxicité de l'air ambiant serait une nouvelle preuve de la théorie du complot interne... Un exemple d'article ici.
Le rédacteur écrit : Les Héros du 11/9 ont été laissés de côté par un gouvernement qui refuse toujours de couvrir les frais médicaux d’une grande majorité de ceux qui ont été touchés, car le faire serait admettre sa culpabilité.
Si on veut bien réfléchir 30 secondes, cette calamité sanitaire est bien la preuve, non pas d'une grande science du complot de la part de l'administration Bush, mais au contraire de sa totale incompétence...
Qui pouvait raisonnablement penser que les tours, construites au temps de l'âge d'or de l'amiante, avaient généré au moment de l'effondrement un air pur et vivifiant ??

Justement on ne peut pas être incompétent au point de dire que l'air serait respirable (d'ailleurs c'est à des organismes spécialisés de se prononcer sur ces aspects, et on peut plus difficilement les accuser d'incompétence): il importait de rouvrir Wall Street rapidement quelque puisse en être le coût humain: ces gens sont des criminels!

C'est bien la preuve que l'administration Bush a fait preuve d'un amateurisme total en ne prenant pas toutes les précautions d'usage ! Car si nous imaginons qu'effectivement le complot interne est la "bonne" thèse, que tout a été bien pensé, millimétré, que la DC ne peut être soupçonnée, que tout est verrouillé... pourquoi envoyer des milliers de sauveteurs et ouvriers à la mort tout en sachant que cela allait être révélé à moyen terme par la survenue de centaines de mésothéliomes ? Chez de potentiels héros en plus ! Ce serait vraiment gâcher, pour ne pas dire ruiner, un travail d'orfèvre !!!

Sauf que ce n'est pas Bush qui a déclaré que l'air était respirable, comment l'aurait il su ? : son adminisration a juste obligé les responsables officiels de l'EPA à le dire : criminel!

Non, ce nouveau scandale montre tout simplement que Bush a vraiment été en dessous de tout, sur ce cas comme dans bien d'autres... Maintenant, est-ce qu'un tel niveau d'incompétence est passible d'une enquête et d'un procès ? C'est là un débat de juristes qui dépasse bien sûr mes compétences.

Les effets du feu...

Les feux et incendies, qui ont été un élément majeur dans les attentats du 11 septembre 2001, ont donné lieu à de nombreux délires de la part des partisans de la théorie du complot interne...
Je commencerai par m'intéresser à l'incendie du pentagone puis à ceux du WTC.

Les feux d'avions...

Suite à l'impact de l'avion sur la façade et son entrée dans le bâtiment par la brèche créée au rez-de-chaussée, un important incendie s'est développé à l'intérieur du Pentagone.

(La dernière photo a été postée par MagicalMysteryFlights sur le site Reopen,
les autres sont issues du site de J.-P. Desmoulins)

Certains se sont étonnés des faibles dégâts observables sur la façade, mais il faut savoir qu'elle avait été renforcée en prévision d'attentats ! 

Est ce suffisant pour expliquer que la fenêtre supérieure qui s'est pris la queue de l'avion de plein fouet ne soit même pas brisée!?

D'autre part, peu d'éléments de l'avion avaient été retrouvés à l'intérieur du bâtiment alors que dans un même temps, des restes humains avaient permis d'identifier 90% des passagers du vol 77...

La quasi totalité des infos sur le Pentagone ont comme unique source les services opérant sous les ordres du principal suspect de crime le 11/9: le pouvoir en place...donc, pour des raisons évidentes on serait bien avisé  de ne pas trop s'étendre sur ce genre de "preuves" ...

 Pour ce qui est des restes de l'avion, l'accident d'un avion d'Air France qui a causé un incendie détruisant l'ensemble de la carlingue montre bien que même sans combustible (les ailes qui contiennent le carburant sont intactes) la carcasse peut se consumer complètement et sans aucun apport extérieur.

Par contre, et paradoxalement, les graisses humaines ont beaucoup plus de mal à se consumer... Il faut atteindre des températures de 2500 °C pendant 3 heures pour la combustion complète d'un corps humain. Pour plus de détail voir ...

C'est pour cela que de nombreux restes ont pu être identifiés dans la carcasse du vol 77. Pour des raisons évidentes, j'ai réduit la taille des photos mais les plus curieux trouveront facilement ces photos qui ont été fournies par les autorités américaines et qui montrent des corps calcinés encore attachés sur leur sièges.

Les feux dans les bâtiments...
 

Pour ce qui est de l'effet des feux sur les bâtiments les exemples d'effondrement sont, malheureusement, encore plus nombreux.

Le 11/9 il s'agit de bâtiments très particuliers: des grattes-ciels à structure d'acier: Comme on ne peut évidemment pas se permettre que des ouvrages aussi élevés puissent tomber et ravager les quartiers avoisinants au moindre incendie , on prend les mesures qui s'imposent: redondance et surdimensionnement (nombre et resistance des structures porteuses et protection adaptée aux effets du feu). Par conséquent tous les exemples suivants sont hors sujet et il demeure qu'aucun gratte-ciel à structure d'acier ne s'est jamais effondré globalement à cause du feu.

 L'un des plus célèbres et qui a été mis en exergue par les conspirationnistes (par erreur ou désir de tromper l'auditoire, je vous laisse juge...) est bien sûr l'incendie de la tour Windsor de Madrid en 2005. C'est là une magnifique démonstration que le béton résiste assez bien au feu... et l'acier très mal ! Les "bétonneux" ne s'en sont pas privés pour en faire un sujet de propagande du béton contre l'acier car, comme nous l'avons vu précédemment, c'est justement toute la partie en acier de la tour qui s'est effondrée.

Parties qui ne jouaient pas un rôle essentiel pour l'intégrité globale (et donc n'ont pas été dimensionnées comme elles l'auraient été dans le cas contraire) puisque le coeur était en béton: le bâtiment ne s'est pas effondré.

Autre exemple à gauche avec une patinoire de l'Insep ravagée par les flammes.

Et le triste et célèbre exemple ci-dessous du lycée Pailleron qui a résisté à un incendie... 15 minutes. Normal, c'était la durée pour laquelle la stabilité au feu avait été calculée, pour des raisons... économiques.

Donc exemples complètement hors sujet

Rappelons qu'en France, cette durée est au maximum de 2 heures, même pour les immeubles de grande hauteur... Cela ne veut pas dire qu'un bâtiment ne tiendra pas plus longtemps, mais en tout cas l'assurance, elle, ne court que sur deux heures.

Dans une zone donnée le feu finit toujours par s'éteindre par manque de combustible, et il le fait en beaucoup moins de deux heures donc si un élément de structure résiste deux heures , on est à peu près certain que l'édifice global resistera à des feux de quelque durée que ce soit , comme effectivement on l' observé sur de nombreux exemples d'incendies historiques de gratte-ciels.

 

Mais aussi un hangar d'avion en Belgique...

(cité sur le forum de hardware.fr)

..Ou le magasin Innovation qui s'est effondré à Bruxelles dans les années 60 en causant plus de 300 morts.

C'est une structure basse.

Dans la panique, comme pour le WTC1 et 2, des personnes prises au piège se jetaient dans le vide... Source 

Et pour le cas qui nous préoccupe me direz-vous ? Et bien je vous propose deux photos extraites du document de Mark Roberts et qu'il a trouvées dans les différents rapports de la FEMA. Celle de gauche présente une colonne du WTC5, celle de droite une colonne d'un bâtiment situé au n° 90 sur West Street.

Il faut souligner que seul le feu a bien sûr causé ces dommages. Pas de crash d'avion, pas de kérosène...

Bons exemples : Ces bâtiments ont subi des feux très longs et très intenses et ne se sont pas effondrés: des dégats peuvent etre constatés (mais l'auteur a t'il bien exclu l'effet des débris ravageurs des autres tours effondrées, sur WTC5) mais ils sont localisés  dans le sens où ils n'ont pas provoqué une destruction globale

Rappelons aussi que les modèles de feu standard utilisés dans les codes de calcul peuvent sous-évaluer la température lorsqu'on est en présence de mobilier de bureau, d'ordinateurs, d'appareils électriques, de plastiques polymérisés... (source)

Cela explique pourquoi ces colonnes ont tant souffert, malgré la présence de protection incendie visible sur la colonne de gauche. Si de telles ruines ont pu se produire sur des bâtiments adjacents au WTC7, avec des apports calorifiques équivalents, il serait bien extraordinaire que cela n'ait pu se produire sur le bâtiment 7 !!!

Ces autres bâtiments ne se sont pas effondrés bien qu'ayant subi des incendies beaucoup plus intenses que celui de WTC7

Le problème, et nous l'avons vu, c'est que ce bâtiment avait un talon d'Achille (ou plutôt 3) lié au désaxement du bâtiment par rapport aux fondations initialement prévues. Si les trois portiques chargés de redistribuer ces charges sur les fondations ont été exposés de la même façon que ces colonnes en illustration, inutile d'aller cherche plus loin les raisons de l'effondrement du WTC7 !

Il ne s'agit pas d'un talon d'achille bien au contraire puisqu'il s'agit d'un système à 200 millions de dollars ayant été rajouté pour renforçer la strcuture !

Des articles peer-reviewed ou pire-reviewed ?

Le physicien Steven E. Jones se targue d'avoir publié ses résultats dans des revues à comité de lecture... regardons cela d'un peu plus près.

 Il a tort : ce système des revues à referee est féodal et fait perdre beaucoup de temps aux chercheurs non carriéristes

Sur la forme...

Il est possible de recenser chronologiquement :

1er Article :

Fourteen Points of Agreement with Official Government Reports on the World Trade Center Destruction
Authors: Steven E. Jones, Frank M. Legge, Kevin R. Ryan, Anthony F. Szamboti, James R. Gourley
The Open Civil Engineering Journal, pp.35-40, Vol 2.
PDF
Création de la revue : 2007 (5 articles publiés), envoyé par Jones en mars 2008...

 2ème Article :
Environmental anomalies at the World Trade Center: evidence for energetic materials

Authors: Kevin R. Ryan, James R. Gourley, and Steven E. Jones
The Environmentalist, August, 2008
PDF

Après ces deux premiers articles qui se bornaient plus à des constatations qu'à exposer une nouvelle théorie, un troisième est sorti, beaucoup plus explicite sur la supposée présence de thermite dans les décombres du WTC :

 3ème Article :
Active Thermitic Material Discovered in Dust from the 9/11 World Trade Center Catastrophe

Authors: Niels H. Harrit, Jeffrey Farrer, Steven E. Jones, Kevin R. Ryan, Frank M. Legge, Daniel Farnsworth, Gregg Roberts, James R. Gourley, Bradley R. Larsen
The Open Chemical Physics Journal, pp.7-31 (25), Vol 2.
PDF
Création de la revue : 2008 (10 articles publiés), envoyé par Jones en août 2008...

Notons que Jones a choisi des revues assez récentes n'ayant encore aucune reconnaissance sur le plan scientifique : celles chez l'éditeur Bentham n'avaient même pas un an d'âge !! Cela amène à relativiser la portée de telles publications.

La reconnaissance en question est celle que s'octroient les uns aux autres (en ces temps d'imposture et de corruption généralisées) des clans de chercheurs carrieristes : un article révolutionnaire n'a aujourdhui presque aucune chance d'être accepté dans une revue prestigieuse...alors n'en parlons mêmle pas s'il s'agit d'un article dissident sur le 11 septembre

Ajoutons que cet éditeur est connu pour avoir du mal à trouver des reviewers, des articles, et faire payer ses publications ! Source 1, Source 2, Source 3.

Sur le fond...

La seule chose qui importe

Plusieurs personnes ayant les compétences requises se sont penchées sur les 'résultats' présentés. Tout cela laisse à désirer. Rappelons que suite à la découvertes de 'chips' bicolores, Jones a conclu avoir trouvé un produit thermitique n'ayant pas encore réagi.

La conservation des échantillons

Ils ont été prélevés par des particuliers sans les précautions d'usage, cela n'assure dont en rien contre la possible contamination par différentes substances n'ayant rien à voir avec les évènements de 11/09. Néanmoins, comme ces constatations sont faites sur quatre échantillons prélevés en des lieux différents (reproductibilité des résultats) nous pouvons supposer raisonnablement que ces substances étaient réellement présentes dans les décombres et plus particulièrement les poussières générées.

La 'contamination'

Dans ce nouvel article, Jones, pour expliquer la présence en quantité de Ca (calcium) ou de S (Soufre) dans ses analyses invoque cette fois-ci la présence de quantité de gypse (plâtre) dans les tours... Ah bon ? Ce soufre ne vient donc plus issu de la thermite comme soutenu depuis des années ?

Avec ces conspirationnistes, il va falloir changer la citation : "Souvent Steven E. Jones et ses disciples varient. Et bien fol qui s'y fie"...

 Quand il y a du Ca avec du S il s'agit clairement de gypse, quand il y a du S tout seul l'hypothèse de thermate prend de l'intérêt: à mon sens les deux cas se présentent au WTC: de la thermate (avec S) a été utilisée pour trancher des colonnes. De la superthermite (sans S mais éventuellement contaminée par du gypse) a été utilisée en revêtement pour chauffer intensément les colonnes. Je n'ai pas varié sur ce point en tout cas!

Le magnétisme

Pourquoi les 'red/gray chips' sont-elles magnétiques ? C'est au moyen d'un aimant que les fameuses 'chips' ont été séparées du reste des autres poussières.

Greening, docteur en chimie, affirme que des résidus de thermite ne seraient pas attirés par un aimant et suggère de creuser cette piste pour trouver l'exacte provenance de ces éléments... Source

 Les chips ont une partie grise qui elle est en fer donc magnétique. La partie rouge seulement peut aussi contenir une fraction de magnétite en plus de l'hématite.

Le type d'essai

Pourquoi ne pas faire une analyse par diffraction de rayons x qui lèverait toute ambiguïté ? Source

Quelle ambiguité? si les chips rouges produisent du fer fondu en réagissant , il n'y a pas d'ambiguité possible!

Un pouvoir calorifique ridicule

Le problème est que même si ces éléments étaient effectivement de la thermite, le pouvoir calorifique d'une telle épaisseur (mesurée par Jones entre 10 et 100 micromètres) serait ridiculement faible par rapport à l'énergie nécessaire pour faire fondre de l'acier. Même en revêtant toutes les faces de la poutre, la température de celle-ci ne s'élèverait que de quelques degrés. Source 1, Source 2, Source 3.

 Mais l'épaisseur pouvait être quelconque: multicouches alternées rouges et grises : de tels chips ont été découverts. Avec une épaisseur de 2mm l'effet est garanti!

L'interprétation des résultats

Comme souvent avec Jones (je ne rappellerai pas ici l'épisode de la fusion froide ou de Jésus chez les Mayas, cela a été évoqué par ailleurs) c'est là que le bât blesse le plus. Vous pourrez voir une synthèse dans la rubrique immédiatement en dessous : Des termites dans l'analyse. ... avec mes commentaires également

Des termites dans l'analyse

L'idée...

Suite à la découverte de métal fondu le long de la façade, les conspirationnistes ont émis l'hypothèse que c'était dû à l'utilisation de thermite, un mélange incendiaire à la réaction très violente et qui peut fondre de grandes épaisseurs d'acier. Il a même été avancé que cela avait pu sectionner les colonnes observées sur les ruines du WTC.

Nous allons voir quels sont les indices avancés pour l'utilisation de cette technique, notamment dans l'article paru en avril 2009 : Active Thermitic Material Discovered in Dust from the 9/11 World Trade Center Catastrophe, Niels H. Harrit, Jeffrey Farrer, Steven E. Jones, Kevin R. Ryan, Frank M. Legge, Daniel Farnsworth, Gregg Roberts, James R. Gourley, Bradley R. Larsen, The Open Chemical Physics Journal, pp.7-31 (25), Vol 2. PDF

Ces indices ont été examinés à la loupe sur différents forums par des scientifiques ou ingénieurs spécialisés en chimie (Greening), métallurgie (Sunstealer) ou recherche spatiale (Mackey).

Des fils de discussion ou sites à lire : forum d'un ancien truther (Urich), forum jref, blog des debunkers italiens.

Les indices à la loupe...

OBSERVATION GROSSIERE

 

Pour justifier son hypothèse de thermite, Jones a analysé la poussière recueillie en différents endroits près des effondrements. De ces échantillons, il a extrait au moyen d'un aimant des 'chips' : des écailles d'origine inconnue et bicouches, une de couleur grise, une de couleur rouge.

Il est vrai que ces 'chips' peuvent faire penser à de la thermite (Cf. photo plus haut) mais vu que ces éléments ont été trouvés en quantité relativement importante et assez systématiquement dans les échantillons de poussière, Jones aurait aussi dû lire de manière un peu plus attentive les rapports du Nist pour voir d'où elles pouvaient provenir. Il aurait alors trouvé cette photo...
 

... qui est tout simplement de la peinture appliquée sur les poutres du WTC qui s'est écaillée sous l'effet de la chaleur ! La ressemblance n'est-elle pas étonnante ?

C'est vrai qu'une simple photo n'est pas une preuve et que dans la nature, les sosies sont monnaie courante... Nous allons donc aller un peu plus loin dans l'étude des 'preuves' proposés par Jones.

Effectivement, cette comparaison est nulle et non avenue car selon également le rapport du NIST, cette peinture doit contenir du Zinc: Zn! Or les chips analysés n'en contiennent en général  pas donc exit cette peinture rouge anti-corrosion des poutres du WTC!

Un seul chips, celui qui fut analysé aux solvants pouvait présenter des contaminations superficielles dans son spectre qui n'a pas été enregistré dans une région fraichement fracturée comme pour les autres. Effectivement un pourcentage très faible de Zinc et de Chrome détectés dans ce chips uniquement ne peut être attribué à autre chose qu'une légère contamination. En effet, la composition de la peinture rouge anticorrosive est partiellement décrite dans le rapport du NIST NCSTAR 1-3C, appendice D, consistant en 36% Fer, 20% chromate de zinc, 34% pigment Tnemec (secret) 10% Silice (quartz ) et des solvants (huile, resine) comme liant. Mais le pigment Tnemec est décrit dans une feuille de données de sécurité concernant les matériaux et devant être publique. D'après http://www.tnemec.com/resources/product/msds/m10v.pdf  le "pigment Tnemec" contient: 3% composés de Zinc, 10 - 15% oxydes de fer 4% quartz, 30% graisses (avec silicates de magnesium (!) ), 6-10% de silicates de calcium et aluminate, 5% silice (de type quartz), 23% Solvant, alcools. 

Ce qui importe est ce qui reste après évaporation du solvant (23% à 34%) . Donc en plus des oxydes de Fer, ce reste de  peinture anti-corrosive doit représenter approximativement 25% de chromate de Zinc et 20% de silicates de magnesium (suif). Or, on voit très peu de Chrome et Zinc dans les spectres XEDS et dans aucun des spectres enregistrés on ne voit de magnesium, qui devrait être abondant, s'il s'agissait de cette peinture.  On observe par contre de très forts signaux de présence d'Aluminium ( aluminium essentiellement non oxydé comme cela a été montré suite au traitement aux solvants (MEK) ). Le seul constituant de la peinture anti-corrosive qui pourrait produire un signal d' Al est décrit comme un aluminate qui représente un modeste constituant de la peinture, rien à voir avec les forts signaux d'aluminium dans les chips rouges. Finallement, les chips réagissent violemment quand on les chauffe contrairement à de la peinture.

Je précise au passage que mes propres analyses d'un chips n'ont pas non plus mis en évidence de Zinc, Chrome ou Magnesium dans la couche rouge. Ce chips est autant qu'il m'a été possible de le tester, semblable aux autres. Mais seuls les tests complets (que je n'ai pu effectuer) incluant analyses aux solvants, ignition des chips et calorimétrie et dont les résultats ont été publiés par N Harrit et S Jones permettent d'apporter la preuve qu'il s'agit de nanothermite. 

OBSERVATION AU MEB (Microscope Electronique à Balayage - SEM en anglais)

Après cette première observation macroscopique, les auteurs de l'article sont bien sûr passés à une observation plus précise. Un microscope électronique a été utilisé.

Les deux couches ont été scrutées, mais c'est surtout la couche rouge qui a donné lieu aux plus forts grossissements car c'est celle qui était sensée contenir le matériau thermitique devant réagir.

Ces photos font clairement apparaître deux types de cristaux, ceux sombres, sous forme de plaquettes souvent amoncelées, et d'autres bien plus clairs et plus petits, sous forme de grains.

En plus de ces images, Jones et ses coauteurs ont proposé des spectres EDS qui permettent de déterminer le type d'éléments chimiques présents. Ils sont parvenus à cibler les deux types de cristaux ce qui a donné les spectres suivants :

Chaque pic représenté correspond à un élément et plus le pic est important, plus l'élément est en quantité abondante.

(a) concerne les plaquettes et montre surtout la présence de carbone (C), oxygène (O), aluminium (Al), silicium (Si).

(b) représente les grains et signale la présence prépondérante de carbone, d'oxygène et de fer (Fe).

La réaction chimique de la thermite étant la suivante : Fe2O3+2Al --> Al2O3 + 2Fe    Bingo!!

Jones avait effectivement dans ces spectres tous les ingrédients pour réaliser sa petite cuisine, sauf que...

Sauf que si on y regarde de plus près, et Sunstealer l'a fait de manière assez précise dans ce post, on s'aperçoit que les images prises au MEB montrent des cristaux ressemblant de manière tout à fait spectaculaire à deux composés parfaitement connus.

Pour les plaquettes, le produit correspondant est la kaolinite, un minéral composé de silicate d'aluminium hydraté, de formule Al2Si2O5(OH)4. La ressemblance est étonnante : forme des plaquettes, superposition... De nombreuses autres photos sont disponibles sur le net et à rapprocher des précédentes. La formule moléculaire est en parfaite adéquation avec le spectre fourni plus haut (a) puisque les auteurs justifient pour partie la présence de carbone par le processus opératoire.

Pour les grains brillants, compte tenu du spectre obtenu, il apparaissait logique de chercher dans les oxydes de fer. Il peut être trouvé différentes formes de cristaux pour Fe2O3, mais les formes rhomboïdales sont particulièrement adaptées pour notre cas. En comparant avec le plus fort grossissement fourni par les auteurs (photo située à droite du zoom sur les couches grises et rouges) la ressemblance est évidente.

Or, ces deux produits, qui correspondent remarquablement avec les observations des deux cristaux présents dans la couche rouge, sont abondamment utilisés pour la composition des peintures que ce soit le kaolin (kaolinite) ou l'oxyde ferrique (Fe2O3).

Pourquoi Jones et ses coauteurs ont-ils évacué cette possibilité ?

Jones Harrit et coauteurs n'ont évidemment pas évacué cette possibilité puisqu'ils ont travaillé pendant plus d'un an justement afin de mettre à l'épreuve cette idée qu'il puisse s'agir de peinture. En particulier

1) les échantillons de peinture testés aux solvants ne se sont pas comportés comme les chips rouges  

2) la conductivité électrique de la partie rouge des chips s'est révellée des ordres de grandeur inférieure à celle de peintures dont les conductivités bien connues sont répertoriées dans des tableaux.

3) Chauffés , les échantillons de peinture se sont consumés en cendre , alors que les chips rouges ont réagi de façon très violente en produisant des sphérules de Fer fondu!

les debunkers opposent en général à 1) et 2) qu'il pouvait s'agir d'un autre type de peinture que ceux testés... Mais 3) toute seule constitue déjà une preuve définitive et irréfutable que les chips rouges sont un matériau thermitique actif : une réduction extremement exothermique du Fe s'est produite amenant le Fer à température de fusion, il est inconcevable que de la peinture reagisse ainsi!

ANALYSE DES SPECTRES

Comme nous l'avons vu précédemment, les spectres EDS permettent d'obtenir les éléments présents sur une zone très ciblée d'un matériau.

Jones et ses coauteurs ont donc réalisé plusieurs sondages sur les couches rouges des 'chips'. Sur quatre échantillons pris dans des prélèvements différents, les résultats ont été très semblables (figure 7 de l'article). Même ceux de F. Henry-Couannier donnent des résultats très voisins. Il aurait donc été intéressant et logique de comparer ces spectres avec ceux obtenus avec de la thermite du commerce qui a notamment été utilisée pour l'article. Pourquoi cela n'a pas été fait ?

Parceque la thèse soutenue est qu'il s'agit d'un type de thermite de très haute technologie non disponible à Carrefour: de la nanothermite! il fallait donc faire beaucoup plus pour éliminer la possibilité d'un sosie: isoler par des solvants les différentes particules et en particulier mettre en évidence que l'Aluminium se trouvait essentiellement sous forme élémentaire non oxydée dans les chips et le Fer sous forme de Fe2O3 (dans les sosies l'Aluminium est sous forme oxydée ou lié à d'autres éléments!) mais aussi mettre en évidence l'échelle nanométrique (on parle de nanotechnologie jusqu'à 100nm) d'au moins une cartégorie de ces particules ce qui a été fait de façon suffisamment convaincante pour celles de Fe2O3..
L'épaisseur des particules plates riches en Auminium essentiellement élémentaire est aussi nanométrique!

Par contre, lorsque Sunstealer, lui, a comparé ces spectres avec ceux de la kaolinite combinée avec du gypse, la ressemblance était frappante. La superposition des pics, des proportions, est d'une concordance incroyable !! Et comme les auteurs reconnaissent eux-mêmes que les échantillons ont pu être contaminés par le plâtre présent en quantité dans les tours la comparaison apparaît d'autant plus pertinente...

 

En haut, le spectre issu d'une étude sur la kaolinite, puis celui de Jones, puis celui de FHC.

Pour, moi même, complètement exclure la kaolinite il aurait fallu que je pratique des tests d'ignition et de la calorimétrie comme S Jones et N Harrit. Ceci dit je ne trouve nulle part le Zn censé se trouver dans le peinture rouge des colonnes du WTC. En tout cas ces tests ONT ETE PRATIQUES PAR CES AUTEURS AVEC DES RESULTATS TELS QUE CES COMPARAISONS AVEC DE LA KAOLINITE SONT ABSURDES...

Compte tenu de ce qui précède, ayant à disposition le portrait, les empreintes digitales et l'adn des deux produits, le lecteur conclura de lui-même quelle est la nature la plus probable du produit rouge analysé.
Ainsi, à l'heure actuelle et sans autre investigation, les quatre échantillons analysés dans l'article et dénommés a, b, c, et d, présentent 99 % de chance d'être de la simple peinture et non de la thermite.

...Ridicule puisque la probabilité pour que de la simple peinture produise du fer fondu ne peut même pas être quantifiée puisqu'elle est infinitésimale!!

Le seul moyen pour Jones de prouver qu'il ne s'est pas lourdement trompé dans ses conclusions est de proposer une étude qui montrera si l'aluminium est bien sous forme élémentaire (Al - pour la thermite) ou combinée (Al2Si2O5(OH)4 pour la kaolinite).

La procédure est très simple et rapide : il suffit de réaliser une étude par diffractométrie de rayons-X (DRX ou XRD en anglais). Si l'aluminium est bien sous forme élémentaire (mais alors on peut se demander où il se cache sur les images au MEB !), l'hypothèse kaolinite tombera d'elle même, sinon, il se dit que le ridicule ne tue pas...

Le fera-t-il ? That is the question !

 Comme je l'ai dit plus haut, les auteurs ont réussi à isoler les particules riches en Aluminium qui s'est révélé sous forme élémentaire (non oxydé en particulier!). Comme déjà dit également , il ne s'agit absolument pas "du seul moyen pour prouver..." mais d'un parmis plusieurs d'autres (notamment l'ignition des chips) qui ont tous conduit à  la même et très ferme conclusion !

LE PASSAGE D'UN ECHANTILLON AU MEK

 

Pour prouver leurs allégations, les auteurs ont aussi passé un échantillon au MEK, un dissolvant. Ils l'ont trempé pendant 55 heures avec des agitations fréquentes et disent avoir obtenu ainsi une ségrégation de l'aluminium. Bizarrement, ils ne nous la montrent pas.

En outre, l'échantillon qui a été testé était TRES DIFFERENT des quatre autres. Le spectre obtenu comportait en effet des éléments qui n'étaient présents dans aucun des quatre autres proposés.

Zinc (Zn - très utilisé lui aussi dans les peintures), soufre (S), chrome (Cr)... Cela montre que la comparaison avec les autres 'chips' n'est pas très pertinente.

De plus, la très faible proportion d'aluminium par rapport aux autres composants est suspecte pour un matériau (la thermite) sensé être a priori constitué d'un mélange d'aluminium et d'oxyde ferrique !

Aucune image précise n'est fournie des cristaux composant cet échantillon, impossible donc de conclure.

Les spectres peuvent varier d'un chips à l'autre et d'une zone à l'autre d'un même chips, les taux de Cr Zn et S sont très faibles et enfin ce chip avait exactement la même apparance que les autres! un nouvel et extraordinaire sosie ?  même si l'on rejette certainement par excès de prudence les conclusions de cette partie de l'analyse, d'autres résultats comme l'ignition et l'analyse des résidus comme nous allons le voir sont définitifs!


QUELQUES CONSIDERATIONS THERMIQUES

Enfin, le dernier indice avancé par les auteurs de l'article est la découverte de microsphères métalliques dans les échantillons de poussière. Pour eux, c'est la 'preuve' que la thermite a justement fait fondre l'acier...

Les microsphères de fer précedemment fondu sont présentes en quantités  énormes dans la poussière et une fraction significative d'entre elles manifeste la signature Fer-Alu  de réaction de thermite. Cette signature n'est pas différente de celle des microsphères qui ont été produites à l'ignition des chips rouges: il s'agit là pour moi d'une preuve définitive et irréfutable!

Tout d'abord, notons que le test calorimétrique (DSC) sensé évaluer le pouvoir calorifique des 'chips' a été effectué à l'air libre. C'est totalement incompréhensible sur le plan scientifique puisque les auteurs souhaitaient mettre en évidence une réaction thermitique qui ne nécessite pas d'oxygène. Les échantillons contenant du carbone, l'erreur devient carrément une faute professionnelle et rend caduque toute interprétation de l'énergie dégagée lors des essais. 

La combustion du carbone à l'oxygène de l'air peut effectivement fausser l'estimation de l'énergie totale dégagée (la surface totale sous la courbe obtenue en DSC) et de la puissance.

Des tests en atmosphère inerte (gaz argon ou autre) étaient indispensables ! La méthode utilisée est d'un non-sens incroyable : même un débutant n'aurait pas commis une telle bévue... Source 1, Source 2.

En effet, comment différencier dans les courbes obtenues l'énergie qui provient du matériau thermitique supposé et celle issue du carbone 7 à 8 fois plus énergétique que la thermite à l'air libre ?

Les auteurs ont apparemment fait l'hypothèse (compte tenu de toutes les autres observations c'est parfaitement justifié et les auteurs mentionnent eux mêmes la source d'erreur que constituerait la combustion d'une partie organique) que l'on avait affaire à une réaction en partie thermitique afin de démontrer qu'il s'agissait de nanothermite.
D'autre part, la kaolinite dont bastison a beaucoup parlé ici , ne manifeste pas du tout la même courbe DSC que la nanothermite: notamment , si j'ai bien compris, un pic endothermique vers 500°C (elle ne libère pas de l'énergie mais en absorbe!)

Le pouvoir calorifique ainsi obtenu est donc totalement inexploitable. 

Il peut juste être avancé qu'il est 3 fois moindre que celui du... papier (!),

Et oui! les explosifs les plus puissant conçus par l'homme y compris le TNT et le HMX ne libèrent pas forcément plus d'énergie par unité de masse que du papier! Ce qui les distingue c'est leur capacité à libérer cette énergie concentrée dans un volume très petit: on parle de très haute densité d'énergie.
Même dans le cas d'une masse consequente de ces explosifs, l'énergie  peut être libérée d'un seul coup (en un temps très court): donc grande densité de  puissance! En effet, ils n'ont pas besoin de l'oxygène de l'air pour réagir et la réaction se produit donc dans tout le volume simultanément contrairement à une combustion qui s'effectue en surface avec l'oxygène de l'air donc beaucoup plus lentement : beaucoup plus faible puissance! Dans le cas d'une microparticule organique une réaction de combustion en surface peut être très rapide mais la densité d'énergie demeure incomparablement plus faible que pour une particule de masse semblable d'explosif, complètement insuffisante pour faire fondre du Fer. Detaillons cet argument.
Le fer fondu (de nombreuses microspheres sont constituées de fer pur ou oxyde de fer) est une preuve de températures extrêmes: 1400°C. Pour atteindre ces températures il faut concentrer la chaleur délivrée par une réaction chimique dans un volume suffisamment petit.

- La reaction d'un volume V donné de Thermite produit assez d'énergie pour idéalement fondre ~ 2V de fer
(16kJ/cc pour de la thermite; 7.8kJ/cc pour faire fondre du fer: (470 J/(°C.kg) x 1500°C + 270000J/kg) x 8000/1O6 kg/cc)

- La reaction d'un volume V de Charbon (carbone) produit assez d'energie pour idealement fondre ~ 10V de fer
(79kJ/cc i.e ~ 5x plus que la thermite)

Mais chaque atome de C requiert une molécule d' oxygene de l'air donc un volume V de Carbone necessite 32/12 (rapport des masses molaires ) fois 2267/1.43 (rapport des densités) fois 5 (20% d'oxygen dans l' air) = ~ 20000 V d'air. Donc quand une très petite particule de carbone ou de matière organique brûle à l'air libre, elle libère son énergie très rapidement (étant très petite son rapport S/V est très favorable à la réaction avec l'oxygène de l'air) mais cette énergie est libérée dans un volume énorme ~ 20000 V donc une petite particle de fer  (volume V aussi) au voisinage ne peut recevoir que de l'ordre d'~1/20000 de cette energie totale. C'est pourquoi il est exclu qu'elle puisse atteindre les températures capables de la fondre (voir plus haut les énergies nécessaires pour cela) . Donc pour d'assez évidentes raisons le charbon ou n'importe quel combustible de matière organique nécessitant l'oxygène de l'air ne peut faire fondre du fer que quand la chaleur libérée peut être accumulée dans le temps et concentrée dans l'espace comme dans un haut fourneau.

Envisageons le cas extreme de microparticles de matière organique et de fer confinées ensemble dans une très petite chambre (comparable à leurs dimensions) et soumises à un courant de ~  milliers de V sur une très courte durée (car il faut être plus rapide que les effets dissipatifs qui sont aussi très efficaces pour de telles microparticles et leur font perdre leur chaleur  très rapidement dans l'espace environnant). Mais alors ces particles doivent aussi retenir l'essentiel de la chaleur ce qui est difficile à croire ( car le flux d'air doit en même temps entrainer une rapide perte d'énergie). Donc même ce scenario extrême est intenable. Bien sûr, la physique mise en jeu est très complexe et nécessite des outils sophistiqués pour parvenir à une description quantitative juste cependant puisque nous sommes à des ordre de grandeur des échelles de densité d'énergie nécessaires, ces arguments sont parfaitement conclusifs.

Donc il n'y a aucune possibilité pour que les températures du fer fondu puissent avoir été atteintes pour une réaction de combustion à l'oxygène de l'air de particules d'échelles micrométriques dans un DSC. L'oxydant et le reducteur doivent se trouver ensemble dans les chips afin que la chaleur libérée le soit concentrée dans un très petit volume, celui occupé par ces réactifs, comme dans une reaction thermitique : haute densité d'énergie  indispensable! matière organique +oxygène = très faible densité d'énergie à cause de sa dilution dans un volume énorme!

La présence de microsphères de fer fondu produit par la réaction : on n'a réellement besoin de rien de plus pour se convaincre que les chips sont hautement énergétiques par eux mêmes (haute densité d'énergie) et connaissant leur composition et celle des residus les preuves sont clairement en faveur d'une reaction thermitique de type Fe2O3 + Al  donne Al2O3 + Fe.

Les moyens nécessaires à tout un chacun disposant d'un échantillon de poussières du WTC pour vérifier cela sont modestes: un four à céramique pouvant dépasser largement les 500°C qui permettent la réaction des chips rouges/gris métalliques et un petit microscope optique (à 50 euros ) pour sélectionner les meilleurs candidats chips rouges dans la poussière et identifier après réaction des microsphères métalliques brillantes et riches en fer.

c'est à dire une valeur ridicule pour qui veut faire fondre des poutres en acier avec une simple couche sur les poutres. L'élévation de température à attendre d'un tel produit a été évaluée à quelques degrés seulement (Source 1, Source 2, Source 3).

E_1kg = 470 J/C x 500°C est l'énergie nécessaire pour élever de 500°C 1 kilo d'Acier, donc pour 1 cm^3 d'acier il faut:
E_1cc = (8000/1O^6) x E_1kg =1880 Joules
A comparer à l'énergie libérée par 1 cm^3 de thermite :
16000 Joules/cc (figure 30 de l'article de Harrit and co)

Donc, dans des conditions ideales, un volume de thermite pourrait elever de 500°C 8 fois son volume d'acier. Donc grosso modo avec un revêtement de nanothermite sur n'importe quelle surface d'acier, il suffit que l'épaisseur de ce revêtement soit 1/8 de l'épaisseur d'acier pour le chauffer de plusieurs centaines de degrés. Or sous le lien ci dessous je trouve:

http://911research.wtc7.net/mirrors/guardian2/wtc/WTC_apndxB.htm#B.2

Column plate thickness varied from 1/4 inch to 5/8 inch in the impact zone of WTC 1 for floors 89-101, and from 1/4 inch to 13/16 inch in the impact zone of WTC 2 for floors 77-87.

Epaisseur entre 0.6cm et 2cm des plats d'acier aux étages des impacts donc d'après mon calcul précédent une couche de 2.5 mm aurait suffit à chauffer de 500° les plus epaisses de ces colonnes ( le but n'aurait pas été de faire fondre l'acier sur l'essentiel de son epaisseur mais de le chauffer de qq centaines de degrés s'ajoutant à ceux des incendies d'hydrocarbures et faisant perdre toute leur résistance aux colonnes!) On est loin du cm mais au fond pourquoi pas 1cm pour garantir les effets et assurer le coup ! En effet certain chips (photo à l'appui dans la publi de Jones et Harrit) manifestent une succession alternée de couches grises et rouges. Un tel mille feuille pouvait donc à priori avoir une épaisseur quelconque! Comme l'acier est extremement plus conducteur que l'air ambiant le gradient de température a produit le flux de chaleur essentiellement vers l'acier. De +, on n'a pas affaire a de la thermite mais sans doute à de la nanothermite beaucoup plus puissante (nanoparticules d' Aluminium élémentaire et Fe2O3) ce qui permet à la température de s'élever trés rapidement, les processus de dissipation de la chaleur étant relativement beaucoup trop lents.

Des dizaines d'ouvriers ont en toute innocence appliqué ce mélange incendiaire sur les poutres (en 2001 et justement aux étages correspondant à la zone des impacts!) en croyant appliquer un revêtement ignifuge. 

La réaction de nanothermite est très puissante mais son taux peut être contrôlé pour que le fer à haute température généré ne soit pas expulsé mais demeure au contact des poutres, les couches gris sombre ont probablement servi ainsi de modérateur: elles sont inertes, essentiellement du Fer peu oxydé (elles sont probablement responsables au moins en partie du magnétisme des chips: le fait qu'on ait pu les collecter avec un aimant!). On sait par ailleurs que la nanothermite sans détonateur est peu explosive à basse température.

J'ajoute que cette découverte de nanothermite n'efface pas les découvertes antérieures de thermite à base de soufre (thermate) qui aurait été utilisée plutôt pour trancher les colonnes (le soufre abaisse le point de fusion) alors que le revêtement de nanothermite n'avait pas pour objectif de faire fondre les colonnes mais de les chauffer efficacement dans tout leur volume.  

Enfin, je voudrais signaler que je demeure très sceptique (c'est là une conviction nullement partagée par les auteurs de l'article) quant à l'utilisation de cette nanothermite en tant qu'explosif  au WTC car sa puissance demeure à peine quelques fois supérieure à celle des explosifs conventionnels et par conséquent elle est loin de pouvoir rendre compte du degré de destruction constaté au WTC, en particulier la pulvérisation d'un tel volume de béton, ces effets étant par nature concentrés au point où elle est mise à feu et décroissant très rapidement avec la distance. Les thermobariques demeurent la seule solution d'explosif non nucléaire à ma connaissance susceptible de pulvériser des étages entiers y compris les facades extérieures à distance à partir de charge positionnées au coeur et libérant de l'hydrogène dans un vaste volume.

En outre, il faut savoir que le genre de sphères extraites est régulièrement trouvé dans les poussières et n'a rien d'exceptionnel. Les debunkers italiens en avaient même trouvé dans un parc à Milan.

Les sphérules sont partout en raison du bombardement constant de la terre par des micrométéorites mais pas à de tels taux et pas avec la signature Fer-Alu mise en évidence au WTC. N'oublions surtout pas que les chips rouges allumés ont produit ces sphérules de fer fondu!

Sunstealer, qui jusqu'à présent a fourni des informations remarquables sur l'ensemble du sujet, a émis l'hypothèse que l'oxyde ferrique présent dans la couche rouge a pu s'agglomérer sous l'effet de la chaleur : incendies, frottements, chocs... à confirmer.

Au final, il semble se confirmer le complet fourvoiement de Jones et ses co-auteurs.

Ces nombreuses lacunes et erreurs de méthodologie montrent que Jones et ses coauteurs, loin d'avoir une quelconque démarche scientifique, ont tout simplement écarté toutes les autres hypothèses sur la provenance des 'chips' pour aller vers la seule et unique conclusion qui les intéressait. Nous connaissions leur grave incompétence suite aux articles publiés sur le site "journalof911studies", nous pouvons maintenant clairement douter de leur honnêteté intellectuelle.

Pitoyable conclusion de bastison.net qui une fois de plus a complètement occulté les preuves extrêmement solides fournies par l'article publié

Très nombreuses références sur la nanothermite et ses usages (y compris appliquée sous forme de couches) dans les articles publiés par Harrit , Jones, Ryan, Hoffman...

De l'utilisation de la DSC...

 

Une rubrique rédigée après la lecture de nombreux articles et sous le contrôle de 'Badcow', intervenant
sur le forum harware, et qui travaille sur les tests DSC à longueur d'année, parfois même sur des explosifs...
Merci à lui !!

 

 

A quoi sert une DSC ?

Le test DSC sert à évaluer la quantité d’énergie dégagée (ou absorbée) par une réaction chimique, ainsi que sa plage d’occurrence. Le test se fait dans une enceinte fermée sous ambiance contrôlée, soit avec de l’air, soit avec de l’oxygène pur (pour favoriser les réactions d’oxydoréduction), soit avec des gaz inertes (argon par exemple) si le produit testé possède son propre comburant ou pour éviter éventuellement les oxydoréductions.


Pourquoi l’utiliser pour tester les ‘chips’ ?

Il peut être intéressant de caractériser le pouvoir calorifique de ces chips pour le comparer à celui de la thermite puisque c'est l'hypothèse avancée.


Comment se fait le test ?

Une fraction infime de l’échantillon est placée sur une coupelle que l’on va faire monter en température de manière régulière, de 5 à 20°C/min classiquement.
La température est totalement contrôlée c'est-à-dire que si la réaction est endothermique (demande de l'énergie) il faudra chauffer davantage la coupelle, si elle est exothermique (fournit de l'énergie) il faudra la refroidir. C'est pourquoi un groupe frigorifique est couplé au four pour éventuellement prendre le relai.


Que peut-on dire des tests de Harrit et al. ?

D’abord ils ont commis la grossière et incompréhensible erreur de réaliser l’essai à l’air libre. Comme l’échantillon contient du carbone, celui-ci va subir une réaction avec l’oxygène de l’air qui est exactement dans la plage testée !

Le test n'a pas été fait en atmosphère inerte pour la simple raison qu'il s'agissait de faire une comparaison avec une courbe DSC de nanothermite connue qui elle aussi avait été enregistrée à l'air (information obtenue en privé directement auprès de l'auteur de cette courbe de référence). En effet, au moment ou on aborde l'analyse de la courbe DSC le fait que la réaction soit de type aluminothermique n'est plus à prouver. Cela est complètement évident compte tenu de la formation de sphérules essentiellement de Fer fondu alors que la température dans le calorimètre n'a pas été élevée à plus de 700°C. Aucune combustion de matériau organique d'un fragment micrométrique comme le sont les chips rouges ne pourrait atteindre localement  la température de 1500°C de fusion du fer!
Par conséquent la question que l'on se pose en abordant les courbes DSC n'est plus de savoir s'il s'agit d'un type de thermite mais si l'on peut trancher entre nanothermite et microthermite plus usuelle!

De plus le pouvoir calorifique du carbone (charbon) est 8 fois plus important que celui ‘attendu’ de la thermite (35 kJ/g contre 3,9 kJ/g pour la thermite).
Donc même très peu de carbone peut fausser grandement le résultat.


Pour s’en convaincre, regardons les courbes du charbon et de divers produits issus du traitement de déchets organiques :

Le test est tiré de l'article suivant :

 

Simultaneous thermogravimetric-mass spectrometric study on the co-combustion of coal and sewage sludges, M. Otero, M. E. Sánchez, A. I. García et A. Morán, Journal of Thermal Analysis and Calorimetry, Vol. 86 (2006) 2, 489–495.

Les conditions d'essai étaient les suivantes :

- Essais en atmosphère d'air (flux de 0,1 L/min)

- Cinétique de montée en température de 5°C/min.

Pouvoirs calorifiques obtenus : 28,9 kJ/g pour C, 17,6 kJ/g pour SSV et 9,5 kJ/g pour SSL (des boues d'épuration séchées).

Ces courbes sont à rapprocher de celle proposée par les auteurs sur une 'chip' (Fig. 29 de l'article, en bleu).

L’allure de la courbe bleue est, avec ses deux pics à 290°C et 440°C, extrêmement similaire à celle du SSL. Bien sûr cela ne veut pas dire que les auteurs ont testé des boues d'épuration : simplement, l’allure de la courbe est la même ce qui prouve qu’elle n'est absolument pas une signature irréfutable. Il faut donc aller plus loin dans l'étude par une analyse quantitative.

Par rapport à l'échelle donnée, il est flagrant que la courbe obtenue reste très en deçà de celle du carbone.

En termes d’énergie totale, la ‘chip’ illustrée en bleu a dégagé 1,5 kJ/g contre 3, 6 ou 7,5 pour d’autres ‘chips’ et 28,9 kJ/g trouvés pour le charbon dans l'article d'Otero et al. C’est à la fois très inférieur et très supérieur à ce qui est attendu de la thermite (3,9 kJ/g), et surtout très variable alors que le produit est sensé être de très haute technologie, utilisant les toutes dernières techniques de pointe (au moins de 2001) d'après les auteurs.

Cette variabilité s'explique aisément par le fait qu'une fraction des chips, la couche grise est  inerte:  Fer plus ou moins oxydé et que la fraction de cette couche grise varie d'un chips à l'autre. Précisons que les auteurs n'ont jamais passé sous silence le fait qu'une contribution de matériau organique puisse fausser en contribuant de façon importante à l'énergie totale libérée. L'important est que sachant que la nature de réaction thermitique est déjà établie, ces sources d'erreur ne vont pas nous empêcher de répondre à la nouvelle question cruciale: thermite ou nanothermite?


En termes de puissance, c’est tout aussi peu concluant puisque la puissance dégagée est 3 à 4 fois moindre que celle des produits carbonés : comme la montée en température est de 5°C/min pour les tests sur le carbone, il faut théoriquement multiplier par deux les puissances sur les courbes en noir pour pouvoir les comparer avec celles de Jones (cinétique de 10°C/min). Dans la pratique, le facteur multplicatif sera situé entre 1,5 et 2 car les rendements de la réaction peuvent varier avec la cinétique de montée en temprérature. 

Remarquons aussi que la montée en puissance est tout aussi prononcée (et donc la réaction rapide) pour le SSL que la 'chip'.

Cette thermite est donc très faiblarde que ce soit en termes d'énergie ou de puissance pour affaiblir notablement les colonnes du WTC. Sauf bien sûr à en mettre des quantités très importantes...

Comment de la simple boue d'épuration pourrait être plus puissante qu'un explosif de très haute technologie?! Pour un matériau qui libère son énergie en se consumant avec l'oxygène de l'air, le SSL, la puissance doit être très inférieure à celle la thermite qui réagit avec elle même (comporte à la fois l'oxydant et le réducteur) sauf peut être pour une très petite particule d SSL. Car la puissance du SSL doit dépendre de sa capacité à brûler rapidement , autrement dit du rapport Surface/Volume que le fragment analysé présente, donc de ses dimensions: autrement dit plus il est petit plus le fragment de SSL sera puissant tandis qu'un kilo de ce SSL se consumera pendant de longues minutes (S/V petit): rien à voir avec le kilo de nanothermite qui libèrera son énergie presque aussi brutalement que le fragment micrométrique. Cela n'a donc aucun sens de comparer les puissances de SSL avec celles de la nanothermite pour des micro-poussières et surtout ce qui compte n'est pas la puissance mais la densité de puissance: le SSL libère son énergie initiale (avant dissipation) dans un volume très supérieur à celui de la thermite, celui de l'air dans lequel il puise l'oxygène nécessaire à la réaction!

De plus une simple courbe au DSC ne donne aucune info sur la puissance ni sur la durée de la réaction pour une réaction rapide donc à fortiori sur la densité de puissance. On serait tenté en effet d'interpréter physiquement la largeur à mi hauteur du pic du redchip comme représentative de cette durée et la hauteur du pic comme une indication de puissance. Mais en réalité  "on utilise la largeur à mi-hauteur sur un pic de fusion pour définir le temps de réponse d’un DSC" et ce ne serait donc pas un paramètre physique pertinent pour caractériser la réaction.  Rien ne permet donc de dire que la thermite est faiblarde (ni en puissance ni en densité de puissance)! 

Ce qui saute aux yeux et montre que nous avons affaire à de la nanothermite plutot qu'à de la banale thermite, c'est que le pic se situe à peine au dessus de 400°C, donc très inférieur à 900°C pour de la thermite normale. Au delà de 500°C tout est terminé, et il ne doit plus rester d'Aluminium non oxydé: effectivement pas de pic endothermique de fusion de l'Alu vers 650°C!
 

Notons que d’autres essais avec de l’oxygène pur peuvent permettre d’améliorer le rendement de la réaction pour le charbon : il est possible alors de monter jusqu'à 35 kJ/g pour du charbon bitumineux mais qui n'est certes pas le même que le précédent (Heat Content of Coal by Pressure DSC Robert L. Hassel, Ph.D.TA Instruments, 109 Lukens Drive, New Castle, DE 19720, USA).

La nano-thermite de plus près...

Observons dans un premier temps les constituants de cette fameuse nano-thermite : ils semblent très différents de ceux présentés dans l’article !

Dans la formule nécessaire pour lancer la réaction :il nous faut...

Tout d'abord l'aluminium (Al) à des tailles nanométriques :
 

Image extraite de :

Florida State University college of arts and sciences, Stability and degradation process of energetic materials, by Melissa Mileham, a Dissertation submitted to the Department of Chemistry and Biochemistry, in partial fulfillment of the requirements for the degree Doctor of Philosophy

Ensuite de l’oxyde ferrique (Fe203) :

Image extraite de :

Enhancing the rate of energy release from nano energetic materials by electrostatic enhanced assembly, Soo H. Kim et Michael L. Zachariah, Advanced Materials, 2004.

Pourquoi les auteurs ne nous ont pas montré d'autres images de nano-thermite et de leurs composants ? Sont-elles trop différentes de leurs échantillons ?

Il y en pourtant abondamment dans la littérature scientifique !

Parceque l'Aluminium ne se trouve pas sous formes de particules rondes mais plates et micrométriques en longueur (nanométriques en épaisseur!) dans le cas des chips: 
rien d'impossible ni de surprenant à cela même si cela ne correspond pas au cas de figure le plus souvent rencontré. Précisons que les particules de Fe2O3 des redchips 
sont bien nanométriques (~100nm) ce qui suffit pour avancer que nous avons bien affaire à de la thermite de type nano plutôt que micro.

Les DSC des matériaux thermitiques…

Voyons maintenant ce que donne un test DSC sur un échantillon de thermite...

Tiré du document :

Characterizing Energy Transfer using an Infrared Camera from a Reacting Nano -Composite Thermite Embedded in a Steel Target by Charles Crane, B.S.M.E. A Thesis In MECHANICAL ENGINEERING Submitted to the Graduate Faculty of Texas Tech University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of MASTER OF SCIENCES IN MECHANICAL ENGINEERING - 2009.

 

La cinétique de montée en température est de 10°C/min, comme pour Jones et ses coauteurs, mais l'allure est très différente de celle qu'ils ont présentée ! En fait, dans les différents articles traitant du sujet, la position et l'intensité des deux pics dépend grandement de la taille des constituants.

Mais en regardant y de plus près, il est aussi notable que quelque soit le matériau thermitique (par exemple aluminium et oxyde de molybdène) un pic endothermique (vers le bas) est observé la plupart du temps à 660°C. Cela traduit la fonte de l'aluminium. 

Mais pas toujours! la courbe jaune parmis les courbes de differentes nanothermites plus bas ne manifeste pas ce pic!

Dommage que la courbe rouge de référence (Tillotson 2001) s'arrête sur l'article de Jones avant cette température cruciale, heureusement d'autres sont plus complètes. J'ai retrouvé l'article de Tillotson - Journal of non-cristalline solides - pp348-355 - mais il n'est pas précisé le type d'atmosphère utilisée... d'où peut être l'erreur commise par les auteurs ?

Tiré du document :

Combustion characteristics of Al nanoparticles and nanocomposite al+MoO3 thermites, par John Josepg Granier, B.S.M.E., M.S.M.E., MECHANICAL ENGINEERING, Submitted to the Graduate Faculty of Texas Tech University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of DOCTOR OF PHILOSOPHY.

A noter que ces tests sont effectués sous atmosphère d'argon... Le pic endothermique a tendance à s'atténuer avec l'augmentation de la finesse des particules d'aluminium. La présence d'oxygène peut aussi dans certains cas le réduire.

Et oui donc rien de très anormal à l'absence de ce pic endothermique (cf courbe jaune)

Mais où est donc ce pic endothermique sur les courbes proposées par Jones et ses coauteurs à la figure 19 de l'article ?

Ce serait un sacré coup de chance que tout l'aluminium ait réagi lors du pic exothermique ! Et si c'est dû au fait que l'essai a été fait en atmosphère d'air ambiant, ce serait une double faute de la part des auteurs !



D'autres nano-matériaux thermitiques…

Il est aussi possible de trouver d'autres types de nano-thermites...

Fig. 5. Scanning electron microscopy images of different thermite compositions prepared by mechanical mixing of starting nano-sized components in a liquid solvent: a) Al–MoO3; b) Al–Bi2O3; c) Al–WO3; and d) Al–CuO

 

Tiré du document :

Metal-based reactive nanomaterials, Edward L. Dreizin, Department of Chemical Engineering, New Jersey Institute of Technology, Newark, NJ 07102, USA, Progress in Energy and Combustion Science 35 (2009) 141–167

Les images au microscope électronique donnent toutes sensiblement la même allure. Par contre, elles sont très différentes de celles fournies pour les 'chips' rouges.

 Il existe une très grande variété de ces nanothermites

Concernant les sphères métalliques…

 

Que des sphères se trouvent dans les poussières, rien d'anormal... dire le contraire serait malhonnête.

Pas en telles quantités et avec la signature Fer-Aluminium fréquemment observée...c'est affirmer le contraire qui est malhonnête

Que des sphères apparaissent après exposition à la torche oxyacétylène (même mini), rien d'anormal.

Que des sphères apparaissent lors d'un test sensé s'arrêter à 700°C, alors là, c'est très mystérieux ! En effet, un test DSC correctement calibré doit suivre la courbe de montée en température prévue. Aucune chance donc de faire fondre de l'acier, sauf erreur de manipulation !!

Il n'y a pas eu d'erreur de manipulation puisque l'appareil n'est tout simplement pas monté au delà de 700°C, si la température de fusion du Fer (1500°C) a été atteinte c'est que c'est la réaction qui l'a produite et cela réduit  à néant toutes les critiques formulées dans cette page!

Une précision juste pour les trolls!!: le fait que le DSC soit contrôlé à une température de 700°C ne signifie pas du tout que l'échantillon n' a pas pu atteindre beaucoup plus!! il est évident que la température contrôlée d'un DSC est celle d'une chambre de plusieurs cm^3 dans laquelle une poussière micrométrique peut atteindre (très localement) beaucoup plus sans que cela affecte très significativement la température de la chambre! Lorsqu'un echantillon quelconque réagit, en général très rapidement en comparaison des échelles de temps sur lesquelles varie la courbe du DSC, sa température atteint toujours momentanément des valeurs très différentes de celle qui est contrôlée dans la chambre et dailleurs la courbe du DSC ne pretend absolument pas suivre dans le temps le dégagement d'énergie beaucoup trop bref mais cette énergie totale progressivement libérée dans la totalité de la chambre peut être évaluée précisément et tendrait à induire des minimes fluctuations de température que justement le DSC compense pour rester globalement à la température contrôlée.

Cela constitue le tout dernier et vraiment seul mystère de la 'chip' mystérieuse !!

 C'est un point fondamental et central, curieuse inversion des arguments de la part de bastison

Car pour ce qui est de la provenance de ces 'chips' il n'y a plus grand suspens, surtout en comparant les images fournies dans cet article réalisé par des chercheurs français et brésiliens (Incorporation of kaolin fillers into an epoxy/polyamidoamine matrix for coatings, A. Astruca, E. Joliff a, J.-F. Chailana,*, E. Aragona, C.O. Petterb, C.H. Sampaiob, Progress in Organic Coatings 65 (2009) pp158–168) avec celles de Jones et ses coauteurs. Même floues, les images sont assez ressemblantes, ou tout du moins, sont loin de remettre en cause l'hypothèse de la peinture pour la couche rouge des 'chips'.

L'idée même qu'une peinture puisse réagir à 400°C en produisant des microsphères de Fer fondu est d'une totale absurdité! Toutes ces ressemblances ne peuvent donc être que trompeuses!

La mayonnaise de la conspiration

Suit un exercice de réthorique sectaire que je ne vais pas m'abaisser et perdre mon temps à commenter...