J'ai appris la guitare classique en guadeloupe de 12 à 17 ans avec Pascal Bergerault. En
passant à travers une vitre en 1986 (18 ans) j'ai eu nerfs, vaisseaux et tendons
du poignet gauche sectionnés (moteurs et sensoriels pour majeur, annulaire et
auriculaire) et j'ai momentanément perdu complètement l'usage de la main gauche
pour la guitare. La guitare, pratiquée en pointillés ces 20 dernières années,
m'a permis de rééduquer cette main et j'ai pu progressivement partir à la
reconquête de mon répertoire pour me stabiliser à peu près à mon
niveau d'avant mon accident...jusqu'à
l'acquisition récente (début 2008) d'une nouvelle
guitare. Je m'y suis alors remis beaucoup plus assiduement et il
est étonnant de constater que probablement à la faveur de
reconnexions
nerveuses, les handicaps et obstacles tombent les uns après les autres assez
rapidement. Je
garde comme séquelles une faiblesse musculaire de la pince
pouce-index pour les barrés, l'impossibilité de
rapprocher et écarter index, majeur et annuaire lorsque la main
est à plat et des défauts de positionnement (main gauche
de travers) qui m'ont permis de compenser un temps mais que je peux
maintenant envisager de corriger grâce à ma
motricité partiellement (mais en grande partie)
retrouvée.
Quelques enregistrements...
- Vals Venezolana, première (3.63 Megas) 29/5/2010
Percussions
Je me suis passionné pour les percussions traditionnelles d'Afrique de l'ouest (Djembes, Dununs) sur le tard
et ai eu la chance de pouvoir apprendre et progresser avec
d'extraordinaires artistes Africains (danseurs et batteurs) avant de
marquer une pause il y a quelques années de cela. Aujourd'hui
j'aimerais bien m'y remettre ainsi qu'aux percussions latines (congas)
mais je suis désormais végétalien depuis près de 2 ans et je dois donc
trouver une solution au fait que quasiment tous les instruments sont
montés avec des peaux animales.
Cela ne me dérange pas de continuer à jouer sur des peaux animales
d'instruments acquis bien avant que je devienne végétalien, par contre
je refuse de contribuer désormais en quoi que ce soit à ce business en
achetant de nouvelles peaux animales (celle de mon djembe a rendu l'âme
récemment) ou instruments neufs montés avec peaux animales.
Heureusement, les solutions interessantes ne manquent pas. En ce qui
concerne les congas, cela fait longtemps que les peaux synthétiques
(Rémo, Evans) ont fait leur preuve et ont été adoptées y compris par
des pros reconnus, même si les avis sont partagés chez les puristes.
Pour ce qui est des Djembes et Dununs africains c'est plus
problématique. On peut dire avec raison que les Djembes synthétiques
sur le marché sont sans exception, à ma connaissance, désastreux au
niveau de leurs qualités acoustiques. Mais la plupart de ces Djembes ne
sont même pas de facture traditionnelle en bois et cordage ce qui ne
permet pas d'estimer de façon fiable les qualités sonores d'une peau
fine synthétique. Pour ce faire il faut un montage traditionnel de la
peau synthétique sur un fût traditionnel dont les qualités seraient par
ailleurs irréprochables en montage avec peau animale. Ce fût doit
également être ajusté sur mesure à la peau synthétique (car celles-ci
ne sont proposées qu'en certains diamètres puisqu'il n'existe aucun
standard dans ce domaine contrairement aux congas): le best effort sur
le marché est sans aucn doute la peau Nuskyn proposée par Remo qui
permet de supporter les tirages extrêmes des instruments traditionnels.
J'ai donc récemment eu la bonne surprise de découvrir que des Americains se sont lancés dans l'aventure et proposent des Djembes
"Vegan" en Iroko qui imitent de façon très satisfaisante les qualités
d'un djembe traditionnel monté en peu de veau. La démo sur le web est
éloquente et permet de comparer les performances des instruments
montés avec peau animale ou synthétique Nuskyn.
J'ai acheté ce djembé qui est effectivement très correct. J'ai
également monté une peau Nuskyn sur mon djembe en Lenke (bien que le
diamètre de la peau ait été sensiblement plus large que celle du
djembe) et il sonne aussi bien sinon mieux qu'avec l'ancienne peau de
chèvre! Au delà d'une certaine tension, le son métallique (harmonique)
de la peau synthétique disparait, il faut juste soigner le montage pour
pouvoir atteindre ce niveau de tension, extrême et à la limite de
rupture pour les peaux de chèvre.
En ce qui concerne les dununs,
je n'ai pas testé les produits
complètement synthétiques de Remo car j'opte plus volontiers pour
une option encore plus simple et radicale que j'experimente en ce
moment : des pads faits maison déclenchant les sons numérisés sur ordinateur d'authentiques dununs et cloches d'Afrique de l'Ouest. De tels sons sont commercialisés par Sonivox,
et sont satisfaisants. Si ce n'était pas le cas je pourrais toujours
numériser et enregistrer les sons des instruments de qualité
exceptionnelle que mes amis avaient acheté en Afrique.
J'ai pu fabriquer, un Sangban, Kenkeni et Dunumba virtuels qui
fonctionnent parfaitement. Sur le sangban, j'ai deux pads pour pouvoir trigger également le son
traditionnel du piqué et un piezo supplémentaire collé sur
le bois pour trigger avec l'index les sons de cloche. L'upgrade en instruments sans fils via une portée radio FM de quelques mètres est possible grâce à ce genre de gadget
pour l'émission d'un canal et un recepteur FM (à sélection de canal
digitale) de poche de bonne qualité (compter 13 euros à carrefour) pour
la réception (malheureusement impossible de profiter de la stereo pour
transmettre 2 canaux simultanément à cause de la diaphonie
rédhibitoire). Donc prévoir 20 euros par son et tirer des fils
d'antenne assez long sur les emetteurs et recepteurs pour favoriser la
bonne transmission. Un upgrade (sans doute nettement plus cher) serait
de travailler aux fréquences autorisées en plus longue portée: 2.4 GHz
pour un partage du canal utilisant les techniques du Wifi ou du
bluetooth, des antennes miniatures et éviter les interférences avec les
stations FM.
Voici ce que ca donne pour le sangban seulement (bientot la video des trois ensemble):
Avantages:
- Ultra légers, encombrement nul, faciles à transporter (on ne peut certes pas en dire autant du dunumba authentique)
- Maniabilité donc vitesse et souplesse de jeu accrues
- Qualités sonores identiques à celles des meilleurs instruments si ceux -ci ont été correctement numérisés.
- Instrument de percu potentiellement universel car on peut y déclencher n'importe quels sons numérisés
- Coût essentiellement déterminé par le prix d'un trigger Alesis
(150 euros) pouvant déclencher jusqu'à 20 sons (ensuite essentiellement
le prix du câble jack par pad, prix des mousses, caoutchouc et piezos
negligeables). Les dununs authentiques de qualité sont très chers
essentiellement en raison du cout du transport depuis l'Afrique.
- Le wireless permet
de libérer complètement le corps et ouvre
des perspectives de jeu chorégraphique. On peut imaginer avoir les
piezos fixés aux habits et toutes les parties du corps deviendraient
des instruments de percussion.
et surtout
- 100% Vegan ! Sauvegarde aussi les forêts Africaines (notons aussi que
le business des dununs de même que celui des peaux animales pour les
instruments est très marginal par rapport à celui des fûts de djembe)
Inconvénients:
- On ne peut plus jouer dans la nature (source de tension indispensable)
- Look des instruments nettement moins root, technique de frappe
diffférente, il faut plus les considérer comme de nouveaux instruments
que comme des dununs.
Mais je continuerai à jouer avec plaisir des instruments traditionnels
en peau animale que nous avons acquis il y a plusieurs années.